Avant n’importe quelle analyse, une chose est sûre, c’est que cette finale N1 entre Toulouse et Aubagne va faire des étincelles. Entre deux formations qui prennent un malin plaisir à se détester, le combat s’annonce rude, et même si le collectif des Jokers semble au sommet de sa forme, les Hocklines n’ont pas dit leur dernier mot. Pour présenter cette double confrontation finale, nous avons pris comme témoins trois techniciens de la ligue en la personne de Yannick Goïcoechéa (Bordeaux), Sylvain Trouillet (Montpellier) et Guilhem Bruel (Tours). La tendance indique clairement un curseur tourné vers Aubagne, mais les opinions ont déjà eu la vie dure dans un passé récent. La finale 2013 est ouverte !Si l’année 2014 sera à coup sûr celle de Toulouse, avec en point d’orgue la réception du Mondial, 2013 semble bien être celle d’Aubagne. Depuis quelques semaines, les Jokers surfent sur une vague de succès qui après les avoir conduit à Carpentier pour le Final Four de la coupe de France, vient de les propulser en finale de la Nationale 1. Face à eux s’amènent leurs meilleurs ennemis, les Hocklines de Toulouse. Avec une fin de saison régulière en dents de scie, les Toulousains se sont révélés au cours de leurs dernières sorties, complètement métamorphosés après la défaite 4-1 à Reims en ouverture des séries.
Lors de la saison régulière, les deux oppositions entre Toulouse et Aubagne se sont se soldées par deux victoires à l’extérieur. A l’Aller, la bande à Ostré avait réalisé la mission « commando » parfaite, avec une équipe remaniée, s’imposant 4-3 après prolongation. Au retour, l’entame aubagnaise avait fait la différence, et les Hocklines avaient couru après le score toute la seconde période, butant sur un Gontero des grands soirs. Aux vues des deux premiers tours de série, la confrontation qui arrive pourrait être différente tant les deux équipes ont brillé sur leur terre, accumulant deux victoires chacune.
« Je vois bien une série serrée avec des revirements, annonce Yannick Goïcoechéa. D'un côté Toulouse hargneux, volontaire mais qui a du mal avec la discipline, et de l'autre Aubagne qui patine beaucoup, certes moins inspiré offensivement mais discipliné. Des deux côtés un bon gardien de but avec cependant un plus de régularité chez Gontero. Si à Toulouse on s'appuie sur des individualités à fort caractère, à Aubagne on s'appuie sur le collectif et une grosse implication défensive. »
Une opposition de style sur le terrain, mais également une sacrée partie d’échecs en coulisses entre deux des meilleurs stratèges de la ligue : Nicolas Jame côté Aubagne et Jonathan Ostré côté Toulouse. Pas avares en efforts, les deux garçons ne sont pas du style à ne pas mettre les mains dans le cambouis, en témoigne l’énorme prestation du provençal lors du match retour à Toulouse (ndlr, lors de la victoire 6-4 des Jokers à la Ramée, Nicolas Jame avait récolté un but et trois assistances). Même si quelque peu diminué physiquement cette saison, l’on peut également faire confiance à l’arrière international de Toulouse pour être dans les bons coups des joutes à venir.
L’expérience de Toulouse
« Qu’il s’agisse de Nicolas Jame ou Jonathan Ostré, les deux méritent pour leur travail respectif une montée en Elite, lance Guilhem Bruel. A ce stade là, tout rentre en compte, le terrain, les gardiens. La bataille entre Gilles Gontero et Raphaël Vincent sera pour moi une, sinon la clé, de cette finale. Si les deux formations sont là c’est aussi en grande partie grâce à eux. Maintenant je donne un léger avantage à Aubagne, qui aligne une belle génération de garçons avec des Bazin, Vegel, Hernandez et compagnie. C’est la même bande depuis plus de dix ans, et Jame a su pérenniser le groupe. S’ils venaient à être champions, cette profondeur de banc avec des jeunes comme Dammann ou Machy leur sera nécessaire pour jouer en Elite. »
Rajouter à un collectif solide, un powerplay intraitable, des résultats favorables lors des dernières venues dans la Ville Rose, et tout semble pencher vers Aubagne comme le confirme également Sylvain Trouillet. « Aubagne est meilleur tactiquement que Toulouse, mais ces deux équipes ont un atout commun, ils jouent de la première à la dernière minute avec beaucoup d’intensité. Ces deux formations ne lâchent jamais rien, ce qui promet une confrontation très physique. Dans ce cadre là, les pénalités auront bien sur un rôle important, et je vois ici aussi Aubagne meilleur sur les situations spéciales. »
Il semble clair qu’à ce jour Aubagne soit la grosse côte pour cette finale. Maintenant nous sommes en droit de nous demander si le costume d’outsider n’est pas finalement la meilleure chose qui pouvait arriver aux Toulousains. Le capitaine Bonnegarde a montré sur le match retour de Reims qu’il pouvait galvaniser ses troupes, et la jeunesse haut-garonnaise, Pouyssegur-Robert en tête, a pris la série contre Montpellier à son compte pour hisser le club en finale.
« Aubagne a gagné ces deux séries précédentes sur les matchs aller, et le fait de recevoir en premier est un avantage certain pour eux. Maintenant attention à Toulouse tout de même. Malmenés à Reims, les Toulousains avaient relevé la tête au match retour et également su déjouer le problème « Bradette » en demi-finale. Ils ne sont pas non plus là par hasard. » conclut l’entraineur des Apaches.
Dernier élément, plus qu’une série, on pourra sans conteste parler d’une rivalité manifeste. En effet, au fil des saisons, les « Toulouse-Aubagne » ont toujours été très chauds, et les deux rencontres cette saison n’ont pas dérogé à la règle. Si la discipline sera une des clés de cette finale, l’arbitrage en sera également indirectement une autre comme le glisse le coach des Aloses. « Malheureusement dans ces matchs, des décisions prises un peu légèrement peuvent avoir une grosse influence sur le résultat. J'espère que les arbitres seront à la hauteur, et que seul le sport décidera du résultat. »
Aubagne vit actuellement la période la plus cruciale de son histoire (depuis Carpentier) et va désormais devoir prouver sa vraie valeur face à une échéance fatidique. Des preuves et un contexte que Toulouse connait déjà pour s'y être frotté par le passé. L'expérience des grands rendez-vous est une donnée à ne pas négliger et qui plaide en faveur des hommes de la Garonne. Aubagne ? Toulouse ? Qui accédera à L’Elite ? Qui ira défier Caen en barrage ? Nombreuses sont les questions qui se posent à ce jour sur cette série finale. Premiers éléments de réponse dès ce samedi 18 mai en Provence.
Mathieu Laforgue
(Crédit photos : ZePrez. Tous droits réservés.)
Après leur défaite 5-1 à l'extérieur, les Aloses se trouvaient au pied du mur avant de recevoir Aubagne pour le match retour des demi-finales N1. Une fois n'est pas coutume, les spectateurs avaient répondu présent et les Bordelais pouvaient compter sur leur soutien. En l'absence de Leclerc, c'est Le Gallic qui avait la lourde tâche de garder la cage bordelaise.Le match débute sur les chapeaux de roues, et malgré un premier shift à l'avantage des Jokers, le pressing très haut des Aloses leur permet ensuite de mettre la main sur le match. Leurs efforts seront récompensés après sept minutes de jeu sur un exploit de Lambert qui, servi par Mariage, élimine un premier adversaire sur un 360°, puis un défenseur avant de tromper Gontero entre les jambes. Deux minutes plus tard, Mariage dans un angle impossible trouve la lucarne de Gontero et donne deux longueurs d'avance aux siens. Devant les supporters survoltés, on sent alors que l'exploit est à portée de crosses. Mais les arbitres semblent en avoir décidé autrement lorsqu'ils accordent une double supériorité numérique aux visiteurs, sur une pénalité très contestable dans ce contexte de playoffs suite à un très léger accrochage devant la cage. Les hommes de Hernandez ne manquent pas l'occasion et le capitaine s'offre un doublé sur deux lancers du poignet similaires dans la lucarne de Le Gallic.
L'euphorie des Bordelais retombée, le match s'équilibre et les Jokers prendront même l'avantage sur un deux contre un grâce à Machy qui trouve la lucarne opposée suite à un mauvais marquage individuel. A la pause les Aloses sont menés 3-2, leurs espoirs s'amenuisent vu qu'il reste à présent cinq buts à remonter.
Une tâche d'autant plus difficile que, dès la reprise, les Jokers profitent d'une interception pour se présenter à deux contre un et Jame, le héros du match aller, trompe Le Gallic en lucarne côté mitaine. On pourrait alors croire que les Aloses vont baisser les bras mais au contraire, dans un sursaut d'orgueil, les hommes de Goïcoechéa vont tout faire pour remporter cette deuxième manche.
C'est d'abord Vandromme qui sonne la révolte, sur une pénalité différée. Gêné par un défenseur, il ne peut tirer à bout portant mais le palet glisse sous Gontero et passe lentement la ligne de but. Puis sur un jeu de puissance, Meledo décoche un lancer frappé dont il a le secret, et trouve la lucarne opposée. Enfin Lambert, sur une nouvelle action personnelle, marque du revers et porte le score à 5-4. Il reste alors dix minutes à jouer et les Bordelais peuvent à nouveau croire à l'exploit. Malheureusement, l'indiscipline va encore couter cher aux Girondins, puisque c'est sur une nouvelle supériorité numérique que Vegel égalise, dans la cage grande ouverte suite à une belle combinaison et un service de Bazin. Plus aucun but ne sera marqué, le score final est donc de 5-5 soit 10-6 en faveur d'Aubagne sur l'ensemble des deux matchs. Les Jokers retrouveront en finale l'équipe de Toulouse, tombeuse de Montpellier.
Après une saison régulière quasi parfaite avec une première place de la poule à la clé, le parcours des Aloses s'arrête prématurément en demi-finale, notamment à cause d'un passage à vide de cinq minutes au match aller. L'équipe première aura connu une de ses plus belles saisons, la dernière pour Yannick Goïcoechéa qui prendra la direction de St Médard la saison prochaine.
Bordeaux - Aubagne : 5-5 (2-3, 3-2)
Spectateurs : 70
Buts Bordeaux : Lambert (Mariage), Mariage, Vandromme (Meledo, Boirie), Meledo (Boirie), Lambert (Poigt, Boirie)
Buts Aubagne : Hernandez (Vegel), Hernandez (Vegel), Machy (Zacchali), Jame, Vegel (Bazin, Machy)
Pénalités : 34’ (dont 2x10’)pour Bordeaux et 13’ (dont 1x5’) pour Aubagne
Gardiens en jeu : Le Gallic pour Bordeaux et Gontero pour Aubagne
CP Aloses de Bordeaux (crédit photo :Alain Ramaye, DR)
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| J | Pts | ||
| 1 | Garges | 14 | 35 |
| 2 | Tours | 14 | 32 |
| 3 | Reims RHR | 14 | 29 |
| 4 | La Chapelle | 14 | 20 |
| 5 | Pont de Metz | 14 | 19 |
| 6 | Epernay | 14 | 19 |
| 7 | Maisons-Laffitte | 14 | 8 |
| 8 | La Rochelle | 14 | 6 |
| J | Pts | ||
| 1 | Bordeaux | 14 | 34 |
| 2 | Toulouse | 14 | 31 |
| 3 | Aubagne | 14 | 26 |
| 4 | Montpellier | 14 | 20 |
| 5 | Nice | 14 | 19 |
| 6 | Voreppe | 14 | 15 |
| 7 | Lyon | 14 | 12 |
| 8 | Seynod | 14 | 8 |
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