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La France, fantôme international

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PXR_Mondial11_140711_France_Canada_554On attendait tellement de ce Mondial en Italie… Trop peut-être, certainement même. On s'est tous dit que cette fois, c'était pour nous. En terminant à la cinquième place à Roccaraso, la bande à Seguy a fait choux blancs. On rêvait d’or, on s’est cassé les dents sur un rêve encore loin de notre portée. En Italie, la France a été l’ombre d’elle-même. Pas d’entrain, pas de folie, pas de joie. Pire, sur le terrain on a vu une équipe amorphe, sans talent. Et dans les coulisses, on a vu un groupe qui n’a jamais semblé en être un réellement. Si au final cette cinquième place fut un moindre mal, elle n’a pas échappé à une certaine forme de logique…

En arrivant dans cette jolie petite station des Abruzzes, toute la délégation française, médias compris, était pleine d’espoir et de confiance. On avait eu de cesse de parler de ce que les vieux de la première Team France en 1996 avaient réalisé ici-même quinze ans plus tôt, une médaille d’argent.
Quand on a su quelques semaines plus tôt quels adversaires notre équipe de France allait devoir affronter, on s’est dit qu’il y avait la place d’un joli parcours. L’Italie qui ne nous avait jamais battue, les Etats-Unis que nous avions enfin tapés un an plus tôt en Tchéquie puis le modeste Mexique… On avait en plus de ça une belle équipe de France et on s’est tous dit que les départs de Benoit Ladonne, Jimi et Terry Lefranc, John Ostré et Geoffroy Tijou seraient évidemment palpables, mais pas plus que ça aux vues de l’effectif en place.
Mais, comment exprimer poliment une idée restée lancinante depuis ? En un mot, on s’est tous plantés joyeusement, et nous RHAF sans doute les premiers en montant en épingle une équipe qui avait en fait tout à prouver.
D’emblée, face à une équipe d’Italie qui était résolue à ne surtout pas produire de jeu, comme durant toute la semaine, on a pris un premier coup de pied au cul en s’inclinant 1-0. « On a rien créé, on n’était pas là… On a été en dessous de tout », affirmait Karl Gabillet au soir de ce match qui semblait montrer la voie d’une semaine bien terne. Une semaine lors de laquelle l’équipe de France n’a jamais semblé prendre vie, ne révélant aucune âme réelle. Cantonnée dans son hôtel, cette équipe s’est fermée lorsqu’elle aurait pu s’ouvrir. La cohésion d’un groupe se forge bien plus souvent à la terrasse d’un café qu’autour d’une console de jeu.
Le lendemain, le 7-0 acquis contre le Mexique est resté anecdotique bien qu’on a un temps pensé qu’il allait redonner entrain et confiance au groupe France. L’entrain a bien été là contre les Etats-Unis dans le troisième et dernier match de poule mais la confiance a trouvé sa limite. Cette limite a pour nom l’efficacité. En s’inclinant 4-2, les Français ont admirablement fait briller Mike Urbano, le portier américain. De quoi inspirer ce soir-là le commentaire suivant à Bernard Seguy, le patron des Bleus. « Quand il n’y a pas de but, il n’y a pas de victoire. Les joueurs doivent savoir qu’il n’y a pas de note artistique sur les matchs. On développe un très beau jeu, mais il n’est pas efficace. En termes artistique, on mérite un 9.5/10 mais en termes d’efficacité pas loin de zéro. »
NotturnoContre le Canada en quart de finale en ce 14 juillet, Mathieu Laforgue titrait « Le drame national » à la Une d’RHAF après ce revers 3-0. La France n’a pas été surclassée, mais une fois de plus, elle a joué sans enflammer le score. Le fait le plus marquant de ce match et sans doute de ce Mondial survient lorsque Martin Bradette, le portier du Canada époustouflant jusque là, sort sur blessure. Mark Servos entre en jeu alors que le score n’est encore que de 2-0. Peu après, et alors que Servos n’est pas encore entré dans la partie totalement, la France obtient un double avantage numérique crucial, déterminant et qui peut tout changer. Il y a bien eu un lancer qui a heurté le cadre du but canadien, mais rien de plus. Un temps de jeu qui a mis en lumière toute une semaine hésitante.
Le lendemain la France va étriller la Grande-Bretagne pour ensuite retrouver la Suisse dans le match pour la cinquième place. Une rencontre remportée 6-5 aux forceps qui précédait l’annonce par Vincent Charbonneau de son retrait de la scène internationale après cent sept matchs disputés sous le maillot bleu.
Jamais la France n’avait été aussi bien préparée pour un Mondial, jamais elle avait disputé autant de matchs de préparation, jamais on l’avait aussi bien mise en condition. Jamais aussi on avait senti autant de distance entre une équipe et son staff, ni autant de disparité dans les attitudes d’un groupe qui n’a pas vécu. La cinquième place acquise en Italie est la juste place au regard de la tenue des Bleus, de là à s’en réjouir il y a un monde.

Yann Maillet (Crédit photo : Roller Addict et FF Roller Sports. Tous droits réservés)

 

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