Respectivement quatre et onze ans que Paris et Reims n’avaient plus montré le bout de leur nez au plus haut niveau. Le deuxième cité fait partie des clubs historiques de notre sport. Reims, sacré champion de France en 1998 a eu son importance dans le développement de notre sport. Y’aurait-il eu un Rethel sans Reims ? Difficile à dire… L’autre, club tout aussi historique possède en plus l’atout d’être celui de la capitale. Un sport qui veut grandir se doit de voir un club parisien au plus haut niveau… Retour sur ces deux retours en grâce.
Du coté des vestiaires
RHAF : Quelle était l'atmosphère dans votre vestiaire après les demi-finales alors que le billet pour l'Elite était en poche ?
Lionel Reigner (capitaine de Paris) : « Du soulagement et le sentiment du devoir accompli. Nous étions favoris et nous sommes passé près de la correctionnelle contre La Rochelle, surtout au match aller en deuxième mi-temps alors que nous nous inclinons 6-4. Le match nous a échappé pendant quelques minutes et cela a bien failli nous coûter très cher. Au final nous limitons la casse là-bas. Au retour nous revenons très vite à égalité sur les deux matchs mais sans jamais prendre l'avance et le chassé croisé a duré tout le match. On l’emporte 11-7 en prolongation. Donc au final un vrai soulagement d'atteindre notre premier objectif car la pression était plus sur nous que sur La Rochelle qui a joué plus libéré que nous je pense. »
Hugo Garcia-Prieto (gardien de Reims) : « C’était énorme, le terrain de Lyon doit se rappeler de nous et doit coller encore. Il y avait un sentiment de satisfaction, plus de stress à partir de ce moment, l'objectif était atteint, le reste était du bonus. »
RHAF : Votre équipe va au titre derrière, la cerise sur le gateau sans doute Lionel…
LR : « C'était notre objectif, et une fois la montée acquise nous avons joué plus libéré. Nous n'avions plus la même pression. L'an passé notre plus grand ennemi était nous même. En finale nous étions un peu plus sûrs de nous et puis Reims au match aller a semblé passer un peu au travers de son match alors que nous nous imposons 5-2, mais nous n'avons sans doute pas été étrangers à cette contre performance offensive de Reims. Après cette victoire, me concernant la joie a été forte d'obtenir enfin un titre. »
RHAF : Hugo, perdre en finale a-t-il altéré la joie ou bien la satisfaction de rejoindre l’Elite a-t-elle pris le dessus ?
HGP : « Même en perdant la finale où nous sommes logiquement tombés contre une équipe de Paris plus forte, cela n'a pas gâché la fête. Le retour de Paris a été magique, l'accession à l’Elite était bien plus forte dans nos têtes que la défaite lors de cette finale qui reste logique selon moi.»
RHAF : Reims et Paris sont des équipes historiques de notre sport, leur présence en Elite est-elle importante en termes d'image ?
LR : « Pour le club, oui bien sûr. Cela nous a permis de rencontrer le Maire et les élus locaux ce qui n'est pas si simple à Paris. Ainsi nous pouvons expliquer nos difficultés et nos besoins. Pour le roller hockey, avoir le club de la capital est un plus je pense. Mais notre sport est encore très "confidentiel" et il a besoin d'être connu et reconnu. Pour cela il faut trouver le bon moyen de se faire connaître. La finale de la coupe de France à Paris en avril prochain est peut-être un bon début, espérons-le. »
HGP : « Pour ce qui est de la présence en Elite de Paris et Reims je pense que c’est nécessaire, ils ont fait les premières années du roller hockey en France. Par la qualité de la formation au sein des clubs et le nombre de licenciés important. Le roller hockey à Reims doit être représenté au plus haut niveau. »
Du côté des présidents
François Bock (président de Reims)
« L'accession en Elite est certainement un temps fort, mais cette accession n'a de valeur que si elle est la suite d'un investissement dans la formation des jeunes, ce qui est le cas du RHR (six juniors plus deux jeunes seniors formés au club sont titulaires de l'équipe première). La moyenne d'âge de l'équipe est de 21ans ! En dix années difficiles de ne pas considérer comme temps forts : les titres de champion N2 filles et hommes, le titre de vice champion N1, le titre de champion Junior Elite et les multiples participations aux quarts, demis et finales jeunesses. Un club comme Reims peut exister s'il n'est pas en Elite, mais évoluer au plus haut niveau permet d'être très attractif, de se faire sa place au niveau des médias, et des partenaires. »
Eric Jullien (président de Paris)
« La présence en Elite d’un club comme le nôtre n’est peut être pas essentielle, mais importante en tous cas. Maintenant, il est toujours bon que la région comportant le plus grand nombre de licenciés dans notre discipline puisse avoir plusieurs représentants en Elite. Il n’en demeure pas moins qu’à Paris, nous sommes loin de pouvoir avoir une couverture médiatique digne du niveau auquel nous jouons. Les médias généralistes ne s’intéressent pas aux sports mineurs non olympiques, par contre c’est une vitrine très importante dans la capitale pour les sports collectifs de glisse et notre club soutiendra et aidera le comité national afin que les phases finales des coupes de France féminines et masculines qui se joueront à la Halle Carpentier près de notre salle à Paris, soient une formidable réussite sportive et promotionnelle pour notre sport. Pour conclure, des tribunes bien remplies lors des matchs, les travaux d’aménagements de notre gymnase et l’obtention de ces phases finales de la coupe de France, prouvent que nous avons su susciter un vif intérêt des services sportifs de la ville de Paris. Nous avons ouvert une porte nous permettant d’envisager une pérennité sur l’organisation d’évènements majeurs à Paris susceptibles d’obtenir une bonne couverture médiatique, favorisant le développement du roller hockey en France.
Le passé récent nous prouve que ce n’est pas indispensable d’être Elite, et le niveau de la Nationale 1 cette année nous prouve, ô combien, que le fossé qui a pu séparer ces deux divisions est en train de se combler. Il est évident que l’Elite est très attractive sportivement, la qualité du jeu développé et le prestige des équipes que nous rencontrons sont une garantie d’un intérêt toujours confirmé pour les nombreux spectateurs qui viennent nous supporter à chaque match, mais aussi pour nos partenaires. Il est important que les gros clubs formateurs (qui sont en général pensionnaires de l’Elite) soient présents à ce niveau.
A titre d’exemple, la finale Juniors Elite la saison dernière regroupait Reims, Anglet, Grenoble et Paris, et le palmarès des autres finales Jeunesse et tout aussi significatif. Espérons toutefois que l’aspect financier ne prenne pas le pas sur le sportif, nous pourrions y perdre l’âme de notre sport. »
Propos recueillis par YM (Crédit photos : La Taverne photographique / Black Ghost. Tous droits réservés)














