Outre le triomphe tchèque, l’autre fait marquant des Mondiaux de Roccaraso sera à coup sûr la médaille d’argent obtenue par la squadra azzura. Il faut être honnête, personne avant la compétition n’aurait parié ne serait ce qu’un euro sur la formation transalpine, à part les tifosis bien évidement. Retour sur ce parcours quasi parfait, en compagnie de Stefano Antinori, qui a vu les Italiens ramener de leurs Abruzzes une médaille à la couleur argentée finalement bien méritée.
Dans son Mondial, l’Italie ouvrait les hostilités face à nos Bleus. Comme à leur habitude, les Français ne gagneront pas leur match d’ouverture. Les Azurris, vainqueurs sur le plus petit des scores (1-0), commençaient de la meilleure des manières la compétition comme le souligne le portier transalpin. « Nous n’avions jamais battus la France, mais nous savions que notre équipe était forte avec deux excellents entraîneurs. Ce sont des rencontres spéciales pour nous mais aussi pour eux. Dans tous les sports je crois, il y a une rivalité saine entre nos deux pays qui ont toujours été leaders dans le monde. Notre victoire a sûrement été importante parce qu'elle nous a donné énormément de confiance. »
Notre première soirée fut morose, l’on se souvient encore des différentes railleries locales à notre égard et des premiers bouchons de champagne qui sautaient dans l’unique bar du village. Mais bon, de retour à l’hôtel on se disait que finalement il valait mieux qu’ils en profitent ce soir, et que les Américains les feraient redescendre sur terre le lendemain.
Ce n’est pas exactement ce qu’il s’est passé… Car le mardi, les Italiens créaient la première réelle sensation du Mondial en surclassant les USA 4-1. Pas de catennacio comme la veille face aux Français mais une partie dominée de part en part. La rencontre du mercredi face aux Mexicains allait aussi dans ce sens là (7-1) et voilà nos voisins transalpins premiers de poule avec douze buts marqués pour seulement deux encaissés.
Le quart de finale face à la Grande Bretagne s’annonçait alors comme une formalité. Là encore les Italiens allaient nous surprendre passant à deux doigts d’une élimination encore certaine à dix secondes de la fin du match. Menés 3-1 par de surprenants Britanniques, les Italiens ne revenaient en effet que dans les ultimes secondes portés par une ambiance indescriptible. Les Anglais allaient craquer en prolongation et la squadra azura rejoignait le dernier carré au grand bonheur de ses supporters. « Seulement trois mots pour décrire nos supporters, qui résument un peu le peuple italien: Uniques, passionnés, inimitables… ».
Le rôle des tifosis aura été prépondérant tout au long du tournoi. La preuve une nouvelle fois le lendemain quand menés 2-0 par le Canada, les Italiens rejouaient le coup de la veille pour pousser leurs adversaires en overtime. En prolongation, Antinori tenait une nouvelle fois de plus la baraque de main de maître et suite à un premier lancer, Luca Felicetti récupérait le rebond et envoyait un puissant tir frappé dans la cage canadienne. Véritable héros national, Felicetti délivrait pour la deuxième fois consécutive le peuple italien et envoyait son équipe défier la République tchèque en finale.
Le moins que l’on pourra dire sera que la finale fut beaucoup plus serrée que prévue. L’on s’attendait à une facile victoire tchèque mais, au terme d’une ultime latinerie qui vit le chronomètre crédité d’une bonne dizaine de secondes supplémentaires, l’on passait à deux doigts d’une troisième prolongation. « Il s’en est fallu d’un rien, mais cette finale n'est ni un accident, ni de la chance » concluait le portier italien. Une défaite 3-2 dans une ambiance exceptionnelle, indescriptible, car oui les Italiens sont quelques fois à la limite du politiquement correct, mais l’on ne pourra pas leur enlever l’amour qu’ils portent à leur maillot national.
Malgré la défaite le bilan reste très positif et encourageant pour l’avenir comme l’explique Antinori en guise de conclusion : « Cela a été une semaine inoubliable, vécue avec un groupe d'amis, une famille je dirais, qui se sont sacrifiés les uns pour les autres... Ca a vraiment été incroyable ! Et puis à la maison, de cette manière avec deux matchs gagnés en prolongation ! Nous avons montrés, comme je l’ai déjà dit, que notre équipe était forte, et nous avons enfin eu deux entraîneurs qui ont compris comment exploiter notre potentiel. En battant toutes ces équipes nous avons prouvé à tout le monde que nous pouvions jouer contre n'importe qui, on peut gagner et perdre, mais je suis sûr que vous entendrez parler encore de cette Italie à l’avenir. »
Mathieu Laforgue, avec SF (Crédits photos : Comité international Roller Sports. Tous droits réservés)














