Il aura fallu attendre quatorze ans pour voir la France battre enfin les Etats-Unis, la seule nation que la France n’avait jamais dominé. En douze confrontations, les Américains s’en étaient toujours tirés à bon compte. En 2002, à Rocherster, les Bleus avaient accroché le nul, mais pour le reste, onze victoires américaines.
A Beroun, la France a donc écrit une grande page de son histoire. La veille, en ouverture du tournoi mondial, les hommes de Bernard Seguy avait été à la peine contre la Suisse en concédant un match nul 4-4. Ce match contre les USA devait permettre au vainqueur de prendre la tête du groupe. Ce jour-là, les Bleus étaient tous conscients de la tache à accomplir, mais il a semblé régner une atmosphère de confiance –facile à dire après coup, certes. C’est Hugo Rebuffet, très au fait du jeu des Américains qui allait garder la cage de la France. La rencontre a été d’une intensité, d’une vitesse et d’un niveau assez exceptionnels pour un match de poule. La veille, les Américains avaient cartonné la modeste Colombie 10-0. Dans les tous premiers instants du match, John Ostré a bien vite rappelé que la France était d’un calibre tout autre en envoyant une ogive sur le poteau de Mike Urbano. Mais les USA, à leur manière ont géré la rencontre tout en s’opposant à un Rebuffet en grande forme. Le score à la pause reflétait assez fidèlement le scenario d’une rencontre à peine dominée par les Etats-Unis de Greg Thompson et Junior Cadiz.
C’est en seconde période que la décision devait se faire. Aux abords de la 30e minute de jeu, la France est en supériorité, Benoit Ladonne envoie un missile sur le poteau. Le jeu se poursuit puis revient en zone offensive. Alors que la pénalité contre Travis Fudge va se terminer, Ladonne prend à nouveau un lancé, cette fois il trompe Urbano. 1-0 pour la France. « En fait j’ai fait deux fois le même lancé, confirme ce dernier. J’ai vu un trou dans le positionnement d’Urbano. Le premier a terminé sur le poteau, le second est allé au fond. » La confiance change de camp… pas pour longtemps. Sur une offensive et alors que le quatuor français est présent sur le terrain depuis trop longtemps, Cadiz se joue de la défense, se présente sur l’aile gauche et adresse une passe parfaite dans la crosse de Josh Laricchia qui trompe Rebuffet. « Ce n’était pas la première fois qu’on menait contre eux, se souvient Renaud Crignier. A ce moment là, je me suis dit « Mer.., on va encore se faire avoir. » On était tellement habitué à ce genre de scénario contre eux… » Même son de cloche chez Benoît Ladonne, comme dans l’ensemble du camp français.

Mais le sort attendu n’allait pas se présenter. Dustin Roux, l’attaquant américain est en prison, on joue la 36e minute. La suite est racontée par Renaud Crignier… « Jimi Lefranc porte le palet et on fait notre spéciale, il s’appuie sur moi en bas de la zone, à gauche du gardien. Je rentre dans l’axe et lance. Urbano relâche le puck et le fait rentrer dans son filet avec le manche de sa crosse. »














