François Lethuillier, le responsable du championnat féminin tire la sonnette d’alarme. Plusieurs clubs ont confirmé le retrait de leur équipe féminine. Les raisons n’en sont pas toujours limpides, mais bien souvent ce sont des raisons financières qui sont avancées. Le championnat ne sera pas annulé, mais le danger à moyen terme est réel.
Il y a un peu plus d’un mois, tout le monde s’enthousiasmait de la médaille de bronze récoltée par l’équipe de France féminine au Mondial de Roccaraso. Aujourd’hui, c’est la dure réalité qui reprend le dessus. Dynamique la saison dernière, mais reposant sur un fragile équilibre, le championnat féminin s’apprête à traverser une tempête. Et pour tout dire, les premières bourrasques se font déjà sentir, avec une vigueur certaine. Strasbourg, Rouen, Vitry ont d’ores et déjà annoncé leur retrait. Selon des informations concordantes de la commission féminine et de notre rédaction, on peut avancer que Villeneuve devrait également confirmer son renoncement. Varces pourrait faire de même, ne souhaitant pas prendre part à la première phase et des hésitations seraient en cours à Bordeaux, finaliste du dernier championnat.
« Je suis très inquiet, confirme François Lethuillier. Je tire la sonnette d’alarme mais j’ai bien peur malheureusement que cela soit déjà trop tard. Au moment où je vous parle, nous partons sur une base d’un championnat à deux poules de six, mais selon ce que je sais, on pourrait perdre encore des équipes et donc passer à deux poules de cinq, autrement dit, rien du tout. »
Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous l’avons dit, la bonne marche du championnat féminin repose sur un très fragile équilibre. La preuve est faite actuellement, plusieurs clubs annoncent leur retrait et c’est toute la structure qui vacille dangereusement. Le fait est que l’engagement d’une équipe féminine coûte de l’argent, beaucoup d’argent même. Et François Lethuillier n’a pas tort quand il lâche, avec une certaine ironie, la parallèle suivant. « La saison dernière, à la mise en place de la nouvelle N3, beaucoup de clubs ont hurlé, pointant la hausse du coût financier global. Mais que croyez-vous ? Le championnat féminin coute beaucoup plus cher, et le fonctionnement n’est pas différent. Comme en N3 masculine, ce sont les filles qui paient leurs déplacements, ou une grande partie. Il y a quelques exceptions dans certains clubs, mais ce ne sont justement que des exceptions. »
Vers un championnat tronqué
Bon, le championnat coute cher, entendu, mais c’était déjà le cas la saison dernière. Sauf que les subventions dont bénéficient les clubs fondent chaque année, et dans ce contexte, il faut être clair, on se rend compte que le hockey féminin n’est pas une priorité dans les clubs.
« Et puis, soyons honnêtes, insiste Lethuillier, des clubs recrutent, vont chercher des joueurs à l’étranger ou bien chez les voisins… Beh ça coute de l’argent. Et l’argent qui était utilisé pour les filles, cette saison, il va payer le salaire d’un manager ou les indemnités ou le matériel des recrues. J’ajoute en outre, que la DTN ne nous aide pas en orientant les joueuses vers tel ou tel club… »
La menace est donc réelle, à court terme. Car nous pourrions assister à un championnat tronqué, sans intérêt, avec un nombre de rencontres en baisse. Et à moyen terme, c’est tout le système qui pourrait trembler. Des solutions existent, comme par exemple se reposer sur les Ligues et ne plus avoir d’équipes de clubs, mais un championnat de Ligue, à l’image des provinces irlandaises au rugby. Mais aussi permettre aux équipes féminines d’intégrer le championnat de Nationale 2 ou 3 masculin. Ceci obligerait à passer à une mixité totale.
Ce ne sont bien évidemment que des pistes, la vérité ne nous appartient pas. Toujours est-il que le retrait de ces équipes du championnat féminin est une alerte des plus sérieuses.
Yann Maillet (Crédit photo : DR)














Commentaires
L'année dernière Rouen à Tenté mais on a du faire forfait!!!
si le vainqueur de la N2 l'an passé ne souhaite pas monter on laisse le dernier du championnat N1 de la saison passée rester dans ce championnat..
ben on propose au second de la N2 puis au troisième..
Le principe du championnat est bon si on considère ça. Maintenant, moi ce qui m'intéresse aussi, c'est de savoir ce qui est réellement fait en terme de recrutement, d'image, de promotion du hockey féminin, etc.
Et pas seulement pour la jeunesse, hein. Pour les nanas qui commencent aussi à 21, 22, 25 ou même 30 ans, celles qui feront de bons cadres dans de bonnes équipes de N2 et qui constituent d'ailleurs la grande majorité des joueuses françaises. J'ai commencé le hockey à 24 ans, j'ai joué 7 ans, je ne pense pas avoir été un boulet tout le temps : des filles comme moi y'en a pleeeein dans les équipes, qui ont limite appris à patiner avec une crosse à la main après 20 ans, et c'est celles là qu'il faut attirer encore plus.
Donc, comment ??
Et le mieux ? A Lille ou ailleurs, elles ont tellement de candidatures qu'elles font passer des tests aux postulantes pour récupérer les plus motivées, les plus douées, celles qui rejoindront au mieux l'équipe.
Je crois que la plupart des responsables d'équipes féminines rêveraient d'un monde où elles auraient tellement de candidates qu'elles devraient organiser une journée de rencontres et de tests...
A la place, on a des équipes qui manquent de joueuses chaque année, certaines ne sont même pas suivies par leur club et paient leur déplacement alors qu'elles ont été championnes N2. Est-ce que les Villeneuvoises auraient eu les moyens financiers d'aller en finales à Toulouse en mai dernier si il n'y avait pas eu un bus commun avec Ris, financé aussi en partie par l'IDF ?
Ou bien sinon, on se met toutes au roller derby, et on aura des reportages sur M6, France 3, une double page dans Libé ou Le Monde, je ne sais plus, mais en revanche, faudra passer quelques tests. Mais, au moins, chaque année la participation au championnat ne sera pas remise en cause parce qu'une joueuse vient de se blesser ou est enceinte ou passe son bac et que du coup, "on n'est plus que 7...".
Aujourd'hui, quels sont les outils que nous pouvons mettre en place pour séduire les filles ? (et lààààà... roulement de tambours, non, ceci n'est pas une proposition
Maillet va nous faire une attaque !!!
PP, tu sais pour un sport "jeune" comme le notre, je n'ai pas souvenir d'avoir vu un reportage dans le 66' d'M6, encore moins sur canal, et on va éviter de parler des doubles pages dans la presse écrite.
Tu sais comme moi que le Roller Derby explose, phénomène de mode ou pas, ce qui est sûr c'est qu'elles ont trouvé le moyen de faire parler d'elles dans de nombreux médias.
Et à chaque passage TV forcement derrière ca rejoint le mouvement..
Et le plus drôle c'est qu'elles y parviennent toutes seules sans être affiliées à la FFRS...(vu le nombre faudrait pas qu'elles viennent bousculer le truc c'est sûr).
Heureusement on a le meilleur championnat du monde !!
Donc oui, on est bien d'accord.
L'un des noeuds du problème, c'est que dans leur immense majorité, les clubs s'en foutent des équipes féminines. Alors que franchement, elles ne demandent pas grand chose : la plupart paient une partie des déplacements, n'ont pas d'entraîneur dédié payé par le club (souvent, c'est le mec d'une joueuse, ou un gars volontaire et motivé, qui fait un aussi bon boulot, sinon meilleur). Alors qu'il est tellement plus facile pour un club de demander des subventions pour une équipe féminine que pour une N3, par exemple. Du sport féminin, quelques joueuses qui viennent de quartiers défavorisés, et voilà les portes d'une subvention CNDS ou municipale grande ouverte.
Suffit juste de se bouger le c**...
Y en a pu des sous !! (de moins en moins dans les collectivités)
Je crois qu'on a tendance à trop penser que c'est à l'Etat de faire vivre "les sports".
Alors qu'aujourd'hui, il me semble que le sport c'est devenu un produit...un objet de merchandising...c'est peut être cette réflexion qu'il faudrait avoir.
Je me souviens de Yann et Matt à la finale à Toulouse, agréablement surpris par le niveau proposé. On est nombreux à ne pas avoir pu profiter du "girlshow". Elles sont où les vidéos, les teasers, les trailers ?
Y en a pas ? merde....
Et puis est-ce qu'aujourd'hui les gens ont plus envie de compétitions à haut niveau ou plutôt de sport "loisir", tu sais "just for fun" ?
Parce que moi il y a un chiffre qui m'étonne, je crois avoir lu qu'il y avait 2000 licenciées dans le roller hockey.
Elles sont cachées ?
D'accord avec mamour pour un championnat N1 à 6 ou 8 et le reste en N2 (en espérant qu'il en reste!), les matchs 35-0 n'apportent rien à personne, faire des matchs pour faire des matchs ne monte pas le niveau des filles qui jouent en EDF.
Pas d'accord avec PP, certains effectifs bougent très peu, souvent les équipes N1 d'ailleurs.
A 8, il resterait 4 ou 5 équipes en N2... C'est plus un championnat, c'est un bouche trous pour les volontaires qui veulent bien se taper 1000 km pour aller voir l'autre volontaire qui, oh bah mince, est de l'autre côté de la France...
Pour les effectifs des équipes, je vais prendre un exemple extrême mais... et Cergy il y a quelques années ? Et là, on parle de Bordeaux qui n'est pas sûr de repartir, pourquoi ? Il suffit d'un ou deux cadres en moins et c'est tout le visage d'une équipe qui change, très très vite.
Servane (membre de la commission féminine pôle compétition)
PS : Et sinon François n'est pas le responsable du championnat mais le président de la commission féminine qui a plusieurs axes de travail !
Mais en revanche, s'il y a des infos positives (qui sont toutes aussi vendeuses, sinon plus, sur un site où d'ailleurs l'information est gratuite), eh bien partageons là
Je pense qu'à ce niveau, on a suffisamment prouvé qu'on savait aussi largement relayer. Malheureusement , c'est toujours difficile d'avoir les infos de tout le monde, mais ça, c'est pas faute d'aller très souvent à la pêche aux nouvelles...
M. Lethuillier nous fait part d'une info (info importante en ce début de saison), nous la récoltons, la traitons, écrivons l'article (30 minutes avant d'aller diner chez des amis un samedi soir) et nous la publions...
Comme le dit Pépé, il n'y a pas de bon moment pour les mauvaises nouvelles. Quant à attendre l'accord de qui que ce soit, je crois que vous vous êtes trompés sur la façon dont nous travaillons. Nous n'avons à attendre l'accord de personne pour mettre au jour ce type d'info... Surtout quand notre interlocuteur est le responsable de la commission concernée.
Quant à dire que nous cherchons la polémique systématique avec le hockey féminin......... Je préfère ne pas relever.
Votre vision par votre commentaire met en lumière ce qui est parfois reproché au hockey féminin, un certaine forme de paranoïa. Et c'est toujours aussi regrettable car nous traitons le hockey féminin avec autant d'égard que le hockey masculin. J'espère ne pas avoir à publier une nouvelle lettre ouverte pour le démontrer !!!
PS : Merci Pépé ;)
Et sinon le pôle developpement travaille sur quels axes ?
Et sinon pourquoi on passe de plus de 20 équipes il y a 2 ans à cette situation ?
Sinon la couverture des finales Féminines à Toulouse ça t'avait plu Servane ?
Ps: C'est juste pour essayer de comprendre pas pour faire de la polémique ou torpiller qui que ce soit, parce que Servane juste pour ton info avec certains dossiers que nous avons, si la polémique était notre cheval de bataille sur RHAF il y a très longtemps qu'on aurait sorti ces dossiers.
Paul et Mickey sont dans un bateau. Paul tombe à l'eau. Qu'est ce qu'il reste ? Un Mickey