
La phase Aller de la ligue Elite s’est terminée le 10 décembre dernier avec en point d’orgue le remake de la finale de l’an passée. Anglet a une nouvelle fois battu (9-4) une équipe rethéloise décidément à côté de ses patins à la Pignada. Pourtant, ce sont bien les Diables qui virent en tête à la mi parcours. Talonnés de prêt par le champion sortant, Rethel est donc symboliquement déclaré champion d’automne. Derrière la lutte fait rage. Si Grenoble et Angers semblent, au même titre que les deux derniers finalistes, bien partis pour se qualifier pour les séries, pas moins de quatre poursuivants se disputent les deux dernières places qualificatives. Paris, Caen, Villeneuve et Amiens se tiennent en effet en un point. Un peu plus bas, la situation parait bien compliquée pour Nice et Reims. Même si tout reste encore mathématiquement possible, il faudra un véritable exploit à ces deux équipes pour sauver leur tête dans la Ligue.
Rethel, 1er avec 21 pointsOn a crû voir le temps du début de saison le retour du grand Rethel. L’effectif était en phase avec les ambitions du club et surtout, celui-ci semblait donner sa pleine mesure sans coup-férir. Mais le vernis s’effrite ces dernières semaines. Rethel n’a perdu que deux matchs depuis le début de saison. Les deux contre Anglet et Grenoble, ses deux poursuivants. Signe qui vient confirmer en quelque sorte la cohérence de ce championnat. Nejc Sotlar qui avait semblé si à l’aise d’emblée n’est plus que l’ombre du bon joueur qu’il a été et quelque chose semble cassé à Rethel. Les fêtes viennent à point nommé pour le groupe du président Lefebvre. Il n’y a pas de sonnette d’alarme encore à tirer, mais les indicateurs sont, pour la plupart, passés désormais à l’orange. Rethel a de la ressource, personne n’osera en douter et sa force frappe offensive est encore une référence, en attestent les statistiques individuelles de la Ligue.
Julien Thomas (arrière de Rethel) : « Je pense que la première partie de la saison est positive pour le club, vu que nous finissons en tête des matchs des match Aller. Nous pouvons regretter de ne pas avoir conforté notre avance lors du dernier match à Anglet mais nous avons été très mauvais et ne pouvions espérer mieux en jouant comme ça. L’objectif du club est simple : le titre. A nous désormais de consolider notre place de leader pour être qualifiés directement pour les demis et garder l’avantage du terrain jusqu’à la fin. »
Anglet, 2e avec 18 pointsVous prenez le constat de Rethel et, à peu de choses près, vous inversez les choses. Anglet a été médiocre en début de saison et voilà le champion de France lancé comme une flèche en cette fin d’année. Là aussi, le collectif était en conformité avec un triple objectif annoncé. Mais le groupe angloy s’est évertué à nous la jouer starlette et à ce jeu là, on n’obtient jamais rien de bon. Résultat, défaite à Paris, à Angers et contre Grenoble. L’Ours fringant n’avait pas fière allure. Et puis, tranquillement, sereinement, un groupe qui avait été renouvelé à presque 30% a trouvé ses marques. La probante victoire à Amiens, puis le beau parcours européen en attestent autant que la leçon infligée à Rethel au soir de la neuvième journée.
Julien Couraud (capitaine d’Anglet) : « Nous avons eu un début de saison difficile, sur six matchs nous avions trois défaites. On s'est servi de ces défaites pour rebondir et enchainer sur une bonne coupe d'Europe. Ces défaites nous ont surement permis de nous réveiller, de nous dire que rien n'était acquis et qu'il fallait qu'on travaille. Donc, maintenant, nous retravaillons le plus humblement possible en essayant de ne pas lâcher nos objectifs. Nos attentes pour les matchs retours ? Ne plus perdre de points. Talonner Rethel le plus possible et ensuite on ne le cache, nos objectifs seront d'aller en play-offs, et d'atteindre la finale ! Nous avons six très gros mois qui nous attendent mais on va continuer à travailler fort on verra ce qu'il se passera. Nous allons essayer de prendre le plus de plaisir possible sur le terrain, et de gagner comme on sait le faire, en équipe et solidaire. Notre force est la : le groupe ! »
Grenoble, 3e avec 17 pointsQuoi de plus normal que de voir les Yeti’s à la troisième place du classement ? La formation grenobloise s’est offert le luxe de taper non seulement Rethel, mais aussi Anglet. Une performance qui ne sera pas égalée facilement. Grenoble est au rendez-vous et ça n’étonne personne. Le groupe est savamment dosé. Un gardien solide, des vieux qui connaissent la musique et des jeunes qui rêvent de la découvrir. Tout est au diapason. A l’inverse des deux clubs qui les précèdent, celui de l’Isère n’a pas eu un parcours fluctuant, mais est resté régulier. Et sans un match nul à domicile contre Paris, les joueurs de Gilbert Notturno seraient deuxièmes. Les Yeti’s confirment, s’il en était besoin, qu’ils sont un club majeur de l’hexagone et que personne n’aura envie de croiser en playoffs. Attention toutefois, des quatre équipes de tête, Grenoble est la seule à ne pas avoir de coach attitré sur le banc, et ce genre de chose à son importance.
Lambert Hamon (avant de Grenoble) : « Déjà, pour commencer, notre entraineur est satisfait de cette première phase de match Aller. Le début de saison était un peu mitigé car nous avons une équipe qui a beaucoup bougé. C'est la coupe d'Europe à Rubi qui nous a mis en confiance avec zéro défaite. Nos deux grosses victoire contre les deux premiers, Anglet chez eux et Rethel chez nous, a vraiment été un gros plus et nous a permis de nous placer à la troisième place du classement. Donc c'est un bilan positif pour le moment. Pour les matchs Retour, les attentes de l'entraineur sont les mêmes. Certes l'objectif principal est de se qualifier pour les play offs, mais c'est surtout de faire mieux que l'an dernier en allant le plus loin possible. »
Angers, 4e avec 16 pointsLe constat qui vaut pour Grenoble vaut quasiment pour Angers à l’identique. Ces deux clubs sont proches et se ressemblent tant dans leur histoire que dans leur politique sportive. Un gardien solide, des vieux qui impressionnent encore et des minots qui montent vite. Angers a d’ailleurs mis la main sur deux petits jeunes qui vont bien et dont on entendra parler, Geoffroy Tijou et Benjamin Desroches. Blague à part les deux papys réalisent une saison plus que solide. Le club d’Angers aura un vrai problème le jour où ces deux là décideront d’arrêter tant leur influence sur le jeu de leur équipe est encore déterminante. Angers, la qualité, dit l’adage, le début de saison le confirme. Au même titre que Grenoble, personne n’aura envie de croiser la route des Hawks en série.
Vincent Charbonneau (capitaine d’Angers) : « Après avoir démarré difficilement avec deux défaites au compteur puis un nul lors de la 3e journée, nous pouvions, sur le plan comptable, commencer à cogiter un petit peu. Pourtant le jeu produit offensivement était là. Défensivement, nous avons eu beaucoup de lacunes. Notre victoire à Reims, mi-octobre, avec un effectif réduit, a été un élément déclencheur de notre saison. La confiance, le physique et notre détermination sont revenus et cela nous a permis d’être sur une bonne dynamique pour finir cette phase aller. Je ne m’attendais pas à un championnat aussi homogène et j’en suis ravi. La phase retour sera aussi disputé que les neuf premières journées, si ce n’est plus, avec la bataille pour accéder aux Play-off, auxquels nous aimerions bien évidemment participer. »
Paris, 5e avec14 pointsC’est la sensation de cette première partie de championnat. Le retour en Elite du club parisien était attendu mais il était difficile de savoir véritablement à quoi s’en tenir. Et bien ce classement et cette cinquième place démontrent que ceux qui ont mis un billet sur les Corsaires ne se sont pas trompés. Les joueurs du président Jullien sont l’empêcheur de tourner en rond de la Ligue Elite. Une victoire contre Anglet, une autre contre Amiens, puis contre Angers, un match nul à Grenoble, c’est un promu très au fait de son sujet qui s’est amené dans la grande Ligue. Mais attention, l’équilibre demeure fragile, plus qu’ailleurs sans doute. Et si pour l’heure tout va bien sous le soleil de Paris, ce groupe n’a pas encore été confronté à de gros coups durs. Comment réagirait-il si cela devait se produire ? Personne ne le sait, d’autant qu’en fait, bien peu de raisons permettent de penser que cela puisse arriver. Paris roule vers les play-offs sereinement et son maintien est certainement déjà acquis, de quoi construire pour l’avenir.
Lionel Reigner (capitaine de Paris) : « Le bilan des matchs Aller est positif avec quatre victoires, 14 points et seulement trois défaites. Notre cinquième place est flatteuse pour un promu mais le combat est très serré entre le 3e et le 8e pour une place en play-off. Notre plus grande satisfaction vient du jeu. Nous ne nous contentons pas de défendre et nous proposons je pense un jeu mature et construit. La stabilité du groupe avec un seul départ à l'intersaison et l'apport de quatre nouveaux joueurs ainsi qu'une très bonne ambiance dans le groupe sont sans aucuns doutes les sources de nos bons résultats. Paradoxalement nous avons aussi des regrets sur certains matchs comme Nice, Caen et même Grenoble.
C'est pourquoi il faut continuer à travailler fort aux entraînements si on veut atteindre notre objectif principal qui est...de prendre du plaisir. Et comme nous ne prenons du plaisir qu'en gagnant nos matchs, nous souhaitons prolonger la saison en tentant d'accrocher une 6e place synonyme de Play-off face à des équipes qui ont une bien plus grande expérience des matchs à enjeux que nous avec des joueurs de calibre international. Pour cela il faudra réagir après notre élimination en Coupe de France qui est une réelle alerte et mieux négocier nos deux premiers matchs retour à domicile sur notre nouveau sol contre Reims et Nice afin d'assurer définitivement notre maintien en Elite. »
Caen, 6e avec 13 pointsLes Conquérants sont une équipe qui, classée sixièmes, doit se sentir finalement assez bien. Car en début de saison, le ton n’était pas franchement à la rigolade. Trois défaites d’emblée, ça sentait le souffre. Et puis tranquillement, l’équipe s’est mise en place. Un groupe qui a beaucoup bougé à l’intersaison et qui a vu le départ de Gérôme Guérin mi-octobre. Il a fallu le temps donc pour que les choses se tassent et voir Caen à cette place revêt une certaine forme de logique. Le groupe caennais est homogène et s’appuie sur celui qui est à l’heure actuelle le meilleur gardien de la Ligue, Jérôme Salley. Mais le match nul de la neuvième journée à Reims souligne la nécessité de ne pas se reposer sur la fierté d’un trophée remporté en coupe des confédérations européennes. Grenoble connaît ce marasme pour y être passé après ces deux titres continentaux. Caen est donc prévenu…
Charly Hallard (avant de Caen) : « Nous avons eu un début de saison assez difficile en jouant Anglet et Rethel d'entrée de championnat. De plus le groupe a perdu des joueurs et les nouveaux, venus pour la plupart de la glace, doivent s'adapter au roller hockey.
C’est à ce moment là qu’arrive la demi finale de coupe d'Europe à Angers, avec au bout la qualification pour la finale de la Conf' cup. C'est le déclic pour nous, on trouve enfin une solidarité et on commence à entrer dans les systèmes ! Derrière, nous enchainons les victoires en championnat et une grosse récompense en gagnant la Conf’ cup!
Je pense qu’après un début de sison compliqué, nous avons bien redressé la barre et les choses sérieuses commencent. Le classement est serré, et a mon avis huit équipes vont se battre pour une place en play-off! C’est clairement l'objectif pour nous et si cette première partie de saison est intéressante, à nous de montrer qu'on mérite notre place en séries: le plus dur commence ! »
Villeneuve, 7e avec 12 pointsSi la saison régulière s’était achevée au soir de la neuvième journée, Villeneuve n’embarquerait pas pour les séries. Avouons que cela serait une drôle de surprise. Mais il n’y aura bien que six équipes au dernier tour et force est de constater que les places seront chères. Villeneuve possède un effectif qui ferait pâlir d’envie n’importe quel manager, ou presque, mais pourtant, ce groupe a toujours besoin de réagir plutôt que d’agir. Le talent des joueurs Franciliens n’est plus à prouver mais voilà, le compte n’y est pas. Attention, Villeneuve fait un bon parcours et ne possède qu’un point de moins que Caen et finalement reste complètement en course. Mais Villeneuve plus que quiconque sait être irrégulier, la dernière ConfCup l’a encore montré. Les hommes de Corbeil sont capables, aucun doute, mais ils doivent montrer beaucoup plus.
Amiens, 8e avec 12 pointsProdigieux en début de saison au point de déjouer les pronostiques des plus éminents spécialistes, les Ecureuils sont retombés à peu près aussi vite qu’ils étaient montés. Amiens n’a plus gagné en championnat depuis le 22 octobre. Mais l’épisode de la disqualification européenne a sans doute laissé des traces. Depuis, quatre défaites en championnat pour les Picards. Une contre Anglet, une autre contre Rethel avec deux buts curieusement refusés. Puis deux défaites contre les deux promus. Paris n’a rien d’un faire valoir, mais la défaite contre Reims au Coliseum montre qu’Amiens n’est plus une pointure. Les joueurs du président Chasseriaud sont sans doute ravis de voir arriver la trêve de fin d’année. Il sera bien temps de se ressourcer car au même titre que Villeneuve, il n’y a pas de péril pour les Ecureuils qui sont au contact du groupe de devant. Mais attention, une reprise tambour battant en 2012 sera une condition sérieuse d’accès aux playoffs.
Clément Crignier (capitaine d’Amiens) : « Après avoir commencé par un bon début de saison et une bonne coupe d'Europe fini un peut tôt, c’est la descente en enfer. Je peux dire que nous avions le moral dans les chaussettes car nous sommes éliminés injustement là où d’autres équipes n’ont pas de soucis. Nous perdons ensuite contre Reims et, s’en suit le film Rethel-Amiens qui nous met dix mètres sous terre mais enfin bref passons.
En ce qui concerne le match d'Anglet nous n’avons rien à dire, nous sommes tombés tout simplement sur plus fort. J’'espère donc, et je veux, que mon équipe se réveille et moi le premier. Nous avons besoin de tout le monde dans l'équipe c'est notre point fort et il va falloir compter sur nous tous pour les matchs Retour. »
Nice et Reims, 9e et 10e avec 4 pointsPourquoi avoir regroupé les deux derniers du classement ? Certainement pas par facilité ou fainéantise, non. Pour une raison toute simple. En lieu et place d’un bilan qui finalement ne veut rien dire en la circonstance, il s’agit de prendre le calendrier de la Ligue Elite et de regarder la dixième journée. Nice accueille Reims le 7 janvier prochain. C’est très simple et c’est sans appel. Le perdant ira en Nationale 1. Et un match nul pourrait même condamner les deux équipes. L’équipe qui s’imposera pourra bénéficier d’une bouffée d’oxygène mais elle ne sera pas salvatrice pour autant. On pourrait évidement faire le bilan de la première partie de saison pour ces deux équipes, mais convenons que ce sont surtout les premières semaines de l’année 2012 qui seront décisives pour chacune d’elle.
Louis Tran (avant de Reims) : « Depuis les derniers matchs Aller, notre équipe s'est améliorée. L'envie de gagner est présente à chaque match même si les parties sont dures. Personne n'aime perdre, mais nous apprenons a chaque sortie, nous travaillons toujours plus fort aux entrainements, nous pensons que les matchs Retour seront différents de ceux de l'Aller. Après les rencontres nous avons souvent eu le sentiment d'avoir fait un bon match mais quelques détails restent a régler et nous comptons bien prendre des points sur la phase Retour même si le défi reste de taille. »
Damien Fontaine (avant de Nice) : « Sur la globalité, je suis impressionné par l’homogénéité de notre championnat. La suprématie d’Anglet ou de Rethel semble plus contestable cette saison et le niveau est de plus en plus relevé. Ensuite, du côté de Nice, il y a forcement de la déception car nous sommes derniers ex aequo avec Reims et déjà à huit points du premier non reléguable… Nous avions bien commencé la saison avec une victoire à Reims et un nul contre Paris XIII. La suite à été plus compliquée… Nous avons du faire face à des départs soudains de certains joueurs ce qui a tout de même fragilisé notre effectif cependant il ne faut pas se chercher d’excuses, vu le niveau de jeu que nous avons proposé je pense que nous sommes aujourd’hui à notre place.
Pour la phase retour, nous savons que cela va être très compliqué. Nous avons un mois de Janvier décisif avec la réception de Reims et un déplacement compliqué à Paris. Cependant, si nous faisons le plein de points sur ces deux matches nous pouvons encore espérer. Mais ce n’est pas une fin en soi puisqu’il ne nous faudra pas seulement battre nos adversaires directs pour espérer le maintien, il nous faudra prendre des points contre des équipes bien mieux placées que nous… Cette phase retour va être intense mais nous avons un beau challenge à relever. Nous savons ce qu’il nous reste à faire. A nous de nous en donner les moyens. »
Yann Maillet, avec Mathieu Laforgue (Crédit photos : M.Leprince et Blackghost)















Commentaires
grand Bravo a roller hockey and fun !
noyeux joël a tous et banané a tous