Grenoble, grâce à une victoire 4-2 tant épique qu’historique à Anglet s’empare de la deuxième place de la Ligue derrière Rethel qui reste leader en s’imposant 5-4 contre Amiens. Pour Anglet, avec une troisième défaite cette saison, dont deux de rang, la crise est désormais ouverte. Reims, malgré sa victoire la semaine passée à Amiens demeure en queue de peloton après avoir perdu contre Villeneuve, 5-2. Caen établi un écart avec la relégation en allant gagner à Nice 7-6 alors que Paris se relance en dominant Angers 7-5Il y a un homme en France ce samedi soir qui devait faire des bonds à s’en rendre la barbe hirsute, c’est Gilbert Notturno, le président des Yeti’s de Grenoble. La sensation de la soirée est là, pas besoin de sondage sur notre page Facebook pour s’en convaincre. Déjà auteurs d’un authentique exploit la semaine passée en gagnant contre Rethel 4-0, les Isérois ont remis le couvert en allant taper le double champion de France en titre, Anglet, 4-2. Basé sur une solidarité sans faille et encore un gros Rebuffet devant le filet, le collectif grenoblois a muselé une équipe basque tactiquement désemparée. Car si Anglet est très vite rentré dans le match, dès l’égalisation à 1-1 de Lambert Hamon, on a alors plus rien vu de bon chez les Artzak, si ce n’est une maîtrise parfaite de la fébrilité et une faillite collective totale. « On entame très bien le match mais après l’égalisation, on se désuni et on ne remonte pas la pente. On n’a jamais été capables de répondre tactiquement en s’entêtant dans un système qui ne marche pas », confiait le capitaine basque Julien Couraud, un brin chamboulé. Du côté grenoblois, on ne cachait évidemment pas sa joie. « Pour les anciens comme moi, c'est une première victoire après onze ans de défaites face à Anglet, avouait Rebuffet au micro d’Artzak TV. C'était très fort pour nous. » Si Grenoble est euphorique et occupe ce soir la deuxième marche du classement, plus rien désormais ne peut masquer la crise angloye. Anglet qui, d’ores et déjà, doit décréter l’état d’urgence à deux semaines de la coupe d’Europe.
Un autre match qui risque de faire causer, pour des raisons autres qu’une faillite collective, c’est ce Rethel – Amiens. Grâce à un gros début de match, les Diables ont rapidement mené 2-0 avant de voir Amiens égaliser à la faveur de deux buts en supériorité numérique. L’ensemble de la rencontre a finalement été un attaque-défense entre une équipe de Rethel joueuse, comme toujours, et une formation picarde recroquevillée sur la vigilance d’une défense resserrée. Ce qui n’est pas pour régaler un Paul Fayault frustré. « Le carré défensif, c’est ce qui va tuer le roller hockey, criait haut et fort l’avant de Rethel. Si on fait ça aussi, il se passe quoi ? On fout le palet au milieu, et on attend ? » Le débat autour du fameux carré fera encore des émules pour longtemps, sans doute mais le fait de la soirée n’est pas là. Amiens s’est vu refusé deux buts. S’il y a matière au doute pour le premier, le second est rentré, de l’aveu même de Paul Fayault. « Autant pour le premier, au buzzer de la mi-temps, admettons, mais le second… Le lancer de Renaud Crignier explose la pipette de Terry Lefranc, tout le monde l’a vu rentrer, regrettait le gardien amiénois Julien Boulidard. On veut rester positif car on leur a tenu tête, mais on se fait voler. » Avec cette victoire, Rethel se détache au classement.
Autre sentiment de frustration, celui des joueurs de Nice. Déterminés, vifs et percutants, les Anges ont pêché par timidité offensive. « C’est frustrant car on a sûrement fait notre meilleur match de la saison, affirme Cyril Duchassin, le capitaine niçois. On a été dynamiques, on a eu un jeu fluide, peu de prisons, mais on a cruellement manqué d’efficacité. Puis on prend des buts qu’on ne doit jamais prendre. » Face à eux, les Caennais ont fait preuve d’un réalisme bienvenu et se sont détachés en fin de rencontre, grâce à deux contres. « On en a deux à 2-2 qui tuent le match et nous emmènent à 4-2, explique Jérôme Salley, le portier caennais. On fait un trou au classement, mais dans le même temps, les autres résultats, devant, ne nous arrangent pas tant que ça. » Caen établi malgré tout un break au classement en mettant Nice, premier relégable, à cinq points.
Angers, après une campagne européenne de haute-tenue et une victoire contre Anglet s’est-il vu trop beau à Paris ? Non affirme Vincent Charbonneau, le capitaine des Hawks. « Je ne pense pas que nous ayons dû faire face à un excès de confiance après la coupe d’Europe et Anglet. Je dirais surtout qu’on a ressenti de la fatigue physique et nerveuse et qu’on n’a pas tenu le match comme on aurait dû. » Angers menait 3-1 à la pause, mais Paris s’est révolté et les mouches ont changé d’âne, grâce notamment à une solide rencontre de Romain Gautereau, auteur de quatre réalisations. « La première période a été équilibrée je pense, malgré qu’on soit menés 3-1 à la pause, explique Guillaume Silliès, l’arrière de Paris. Dès le retour on marque deux fois coup sur coup et on reprend l’ascendant très vite. » Avec cette victoire, Paris se donne de l’air, mais les résultats du soir ne plaident pas en sa faveur.
Et enfin, Villeneuve est allé s’imposer à Reims grâce à une très solide partie de Bastien Cotinat, son gardien de but. « Reims n’est clairement plus la même équipe que la saison dernière et ce soir elle s’est énormément reposée sur Kirk French, peut-être trop, estime Fred Corbeil, l’arrière de Villeneuve. Sur leur petit terrain, les choses sont toujours compliquées et heureusement, Bastien Cotinat fait un très gros match dans nos cages. » Pour le Rémois François Beaudoin-Page, il avait malgré tout de quoi se réjouir. « On a bien joué et on a été efficaces. Le gardien de Villeneuve a fait une très grosse partie et nous n’avons pas démérité. Le cinquième but en cage vide est anecdotique. Villeneuve est une bonne équipe et on les tient bien en première période. »
REACTIONS A CHAUD
Dans la foulée des rencontres de cette septième journée, nous avons donné la parole à un joueur de chaque équipe, pour sa réaction à chaud, dans les conditions du direct, ou presque
Anglet – Grenoble : 2-4
Julien Couraud (Anglet)
« On n’est pas la grande équipe qu’on est sensé être, on n’est pas bons, c’est tout. On entame très bien le match mais après l’égalisation, on se désuni et on ne remonte pas la pente. On n’a jamais été capables de répondre tactiquement en s’entêtant dans un système qui ne marche pas. Grenoble a joué avec un cœur gros comme ça, ils méritent cette victoire. On s’est longuement parlé dans le vestiaire, mais il n’y a toujours pas d’électrochoc. On perd, on est mis à mal et on ne sait pas le gérer. »
Hugo Rebuffet (Grenoble), au micro d’Artzak TV
« Pour les anciens comme moi, c'est une première victoire après onze ans de défaites face à Anglet. C'était très fort pour nous. On les a senti très forts mais ils ont manqué de confiance. Au début ils ont été là mais après le premier but, on réussi à les faire douter. Nos petits jeunes jouent comme des vieux. Mais nous ne sommes qu'en novembre et la saison est très longue.»
Reims – Villeneuve : 2-5
Fred Corbeil (Villeneuve)
« Reims n’est clairement plus la même équipe que la saison dernière et ce soir elle s’est énormément reposée sur Kirk French, peut-être trop. Sur leur petit terrain, les choses sont toujours compliquées et heureusement, Bastien Cotinat fait un très gros match dans nos cages. Après leur victoire à Amiens, on devait s’attendre à les voir euphoriques, mais on a géré et c’est une très bonne victoire. »
François Beaudoin-Page (Reims)
« On a bien joué et on a été efficaces. Le gardien de Villeneuve a fait une très grosse partie et nous n’avons pas démérité. Le cinquième but en cage vide est anecdotique. Villeneuve est une bonne équipe et on les tient bien en première période. Mais encore une fois on fait trop de fautes stupides et inutiles qui nous coutent cher. La victoire à Amiens nous a aidé a gagné en confiance. »
Rethel – Amiens : 5-4
Paul Fayault (Rethel)
« On fait une très bonne entame en allant mener 2-0 mais derrière Amiens revient sur deux supériorités et on perd un peu nos moyens. Ensuite, on tombe sur un carré défensif… Jouer comme ça, c’est frustrant. Ce système va tuer le roller hockey. Si on fait ça aussi, il se passe quoi ? On fout le palet au milieu, et on attend ? Mais bon, on gagne quand même, c’est l’essentiel. Après, je comprends la colère des Amiénois, ils ont raison, ils se font voler. Le premier but c’est compliqué, même s’il est validé avant d’être refusé. Par contre, le second est rentré, c’est certain. Mais nous n’y sommes pour rien pour autant. »
Julien Boulidard (Amiens)
« On était en effectif réduit, et on avait deux possibilités. Soit on joue et on en prend douze, soit on ferme la maison. C’est comme ça, on n’est pas là pour le spectacle. On est vite menés mais on réagit bien. La fin de match a été très chaude, j’ai eu du boulot dans les buts. Malheureusement, on a deux buts refusés. Autant pour le premier, au buzzer de la mi-temps, admettons, mais le second… Le lancer de Renaud Crignier explose la pipette de Terry Lefranc, tout le monde l’a vu rentrer. On veut rester positif car on leur a tenu tête, mais on se fait voler. »
Nice – Caen : 6-7
Cyril Duchassin (Nice)
« C’est frustrant car on a sûrement fait notre meilleur match de la saison. On a été dynamiques, on a eu un jeu fluide, peu de prisons, mais on a cruellement manqué d’efficacité. Puis on prend des buts qu’on ne doit jamais prendre, sur des erreurs individuelles, des mauvaises passes, des mauvaises relances… Caen a été très réaliste et la rencontre s’est déroulée dans un excellent esprit. Il y a un trou au classement, c’est certain, mais je pense que ce soir, on a trouvé un équilibre en tournant à deux lignes. »
Jérôme Salley (Caen)
« Il y a 7-4 en fin de match, mais il y a eu 2-2 jusqu’à quasiment la quarantième minute. Les deux équipes se sont rendues coup pour coup, c’était un très bon match. Je suis fatigué pour tout dire, j’ai eu beaucoup de boulot devant le filet. On a deux contres à 2-2 qui tuent le match et nous emmènent à 4-2. On fait un trou au classement, mais dans le même temps, les autres résultats, devant, ne nous arrangent pas tant que ça. »
Paris – Angers : 7-5
Guillaume Silliès (Paris)
« La première période a été équilibrée je pense, malgré qu’on soit menés 3-1 à la pause. Dès le retour on marque deux fois coup sur coup et on reprend l’ascendant très vite. On a ensuite été beaucoup mieux défensivement et surtout réalistes. Romain Gautereau fait un gros match avec quatre buts de sa part. On se met à l’abri au classement mais les scores ne sont pas si biens que ça pour nous en vue des playoffs. »
Vincent Charbonneau (Angers)
« On avait le match en mains… Curieusement l’expérience acquise récemment ne nous a pas appris à gérer les temps forts et les temps faibles. C’est bien dommage. Je ne pense pas que nous ayons dû faire face à un excès de confiance après la coupe d’Europe et Anglet. Je dirais surtout qu’on a ressenti de la fatigue physique et nerveuse et qu’on n’a pas tenu le match comme on aurait dû. Paris était prêt et en voulait plus que nous ce soirLE CLASSEMENT1. RETHEL 18 points, 2. GRENOBLE 13 pts, 3. ANGLET, VILLENEUVE ET AMIENS 12 pts, 6. PARIS ET ANGERS 10 pts, 8. CAEN 8 pts, 9. NICE 4 pts, 10. REIMS 3 pts
LA HUITIEME JOURNEE (19 novembre)Amiens – Anglet, Rethel – Reims, Grenoble – Paris, Angers – Nice, Caen - Villeneuve
Yann Maillet, avec LL
(Crédit photo : Loup Cervier, Frédérique Carat,
La Taverne photographique / Black Ghost et RHAF, tous droits réservés)















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