La formation caennaise est en pleine traversée du désert. En panne depuis plusieurs semaines, les joueurs du président Renou marquent le pas depuis la finale de la coupe d’Europe, en novembre dernier. Avant d’aller affronter les Artzak d’Anglet samedi pour le compte des demi-finales de la coupe de France, Gérôme Guérin, Ambassadeur RHAF, fait le point sur la situation de son groupe.
Pourtant en début de saison, les observateurs interrogés avaient fait de Caen l’outsider numéro un de cet exercice. Il faut croire que ce nouveau statut n’est pas encore assumé. « C’est sans doute la source de tous nos problèmes, admet Gérôme Guérin, l’avant international et capitaine caennais. Depuis plusieurs saisons, nous sommes très performants et cette saison, nous étions attendus par tout le monde. Non plus comme une petite équipe qui monte, mais comme une formation à prendre avec sérieux. »
Le ton est donné. Caen, vice champion de N1 en 2008, finaliste de la coupe d’Europe, n’est plus une petite équipe. C’est désormais un groupe affirmé, qui a fait ses preuves et que chacun attend avec vigilance. On se souvient notamment, dans des circonstances particulières pour l’adversaire, certes, que Caen la saison dernière avait battu Rethel, rien que ça. Les Conquérants avaient aussi « tapé » Grenoble et Angers… Comment dans cette circonstance ne pas être pris au sérieux ?
« On progresse chaque année, poursuit Guérin. Cette saison encore, nous nous sommes nous même étonnés de rejoindre la grande finale européenne. On traverse psychologiquement une période de lassitude. On parle beaucoup entre nous, mais il ne suffit pas de se dire les choses. Je le vois très bien, quand on est dans le vestiaire avant les matchs… Et puis, on est peut-être devenus trop sûrs de nous, arrogants. Dans une Ligue Elite aussi exigeante, ce genre d’attitude ne pardonne pas. »Une autre donnée, double, est mise en avant par l’avant international des Conquérants. La profondeur de banc de son groupe tout d’abord. Tom Woods n’est plus là, Damien Bansart non plus. Arthur Cauvin et Guillaume Guérin sont blessés. Admettons que les blessures fassent partie du jeu… L’absence la plus préjudiciable au groupe caennais cette saison est celle d’un garçon dont on a trop souvent minimisé l’impact, Antoine Rage. Désormais émigré en Grande-Bretagne, l’international Espoir est un joueur majeur sur et hors du terrain. Son apport lors de la finale européenne a été indéniable.
"Anglet ne peut pas se permettre un nouvel échec"
Ensuite, Gérôme Guérin insiste sur l’entraînement… « Tu joues comme tu t’entraînes », disent les anciens avec sagesse. Il faut croire que cette vérité n’a pas encore trouvé écho sur les rives de l’Orne. « On est trop légers à l’entraînement, reconnaît Guérin. Alors c’est vrai que l’absence d’un entraîneur désigné est un problème, mais je pense qu’on n’est pas bon dans l’approche de notre façon de nous entraîner. C’est trop souvent en dilettante. »
Dans ces conditions, aller défier Anglet en demi-finale de la coupe de France paraît plus qu’incertain. Mais pour le coup, Gérôme Guérin tranche dans le vif. « On ne peut faire que quelque chose d’énorme sur ce match, soutient-il avec force. Si on perd, c’est "logique". Anglet ne peut pas se permettre un nouvel échec à domicile après celui de la finale européenne. Nous on a rien à perdre, on vient sans aucune pression. L’avantage, c’est que contre Anglet, on retrouve notre statut d’outsider, et ça c’est bien. »
Au final, Caen traverse une mauvaise passe, c’est un fait. Mais en y regardant de plus près… Caen a rejoint la finale européenne dès sa première participation, va jouer les demi-finales de la coupe de France et est en bonne position pour atteindre les playoffs. Pas pire finalement…














