Voilà maintenant un peu plus de quinze jours que Bernard Seguy, entraineur national, a dévoilé la liste des dix-huit joueurs qui participeront, du 4 au 7 mars à Mâcon, au prochain stage du groupe France. Une liste avec son lot de confirmations pour certains mais également de surprises pour d’autres. Prenant le contre-pied de ceux qui le disaient borné, le sélectionneur tricolore ouvre son groupe à de nouvelles têtes, montrant ainsi que tout n’est pas acquis et que la composition de l’équipe qui s’envolera cet été pour la Colombie n’est en aucun cas prédéfinie.
Agissons dans l’ordre et commençons par les gardiens de but. Si l’on peut parler de surprise à ce poste, elle concernera uniquement le nombre de sélectionnés. L’on pouvait s’attendre à voir trois portiers dans la liste mais il n’en n’y aura que deux. Hugo Rebuffet et Roman de Preval, choix qui parait évident au vue du dernier Mondial. En effet, les deux derniers remparts tricolores furent l’une des rares satisfactions de la campagne italienne de l’été dernier. L’absence de Jérôme Salley, en pleine bourre avec Caen, n’a cessé de faire débat depuis quinze jours. Hiroshi Daveau, issue de la génération 92 qui ne pourra pas jouer en Junior, n’est pas non plus là et ce malgré un début de saison irréprochable. La France s’expose vraiment à ce poste à ce que l’on nomme communément un « problème de riche » et Bernard Seguy a fait le choix de la continuité, ce qui n’est pas à blâmer sur le fond et peut tout à fait s’entendre.
Pour ce qui est des arrières, Julien Thomas, Hugo Notturno et Jean-François Ladonne font figures de tauliers d’une base arrière amputée, au cours des deux dernières années, par les départs de Geoffroy Tijou, de Jonathan Ostré ou plus récemment de Vincent Charbonneau. Julien Couraud, de retour de blessure, revient petit à petit aux affaires et sa sélection ne souffre d’aucune contestation, même si le capitaine basque est encore loin de son niveau réel. Dans la série retour de blessure, Clément Grégoire fait aussi partie du groupe auquel il apportera clairement toute son expérience. Thomas Auvray retrouve quant à lui la maison bleue qu’il avait déjà fréquentée en 2005. Le parcours rouennais n’y est pas pour rien, il faut dire que le capitaine des Spiders est à la tête d’un véritable rouleau compresseur qui balaye la Nationale 1. Gros travailleur et coéquipier modèle, Auvray mettra sans aucun doute ses qualités au service du collectif. Antoine Rage, a lui aussi déjà connu les stages en bleu, mais chez les Juniors. Là également, l’entraineur-joueur de Caen, n’aura aucun problème à mettre son sens du devoir au service du groupe, et la maturité qu'il a semblé avoir acquis depuis son dernier passage sous le maillot bleu ne peut que jouer en sa faveur. Dernier sélectionné, Julien Bonnière est clairement LA surprise du chef. Première saison de roller hockey pour le Grenoblois et première sélection, pour un joueur au physique épais, capable de dynamiser les lignes arrière tricolores et d’apporter toute la puissance de son lancer frappé. Des noms comme ceux de Lambert Hamon ou de Maxime Langlois n’auraient sans doute choqué personne mais si le premier est retenu par ses études, le deuxième s’est vu propulsé comme un cadre de l’équipe de France Junior après le retrait des joueurs nés en 92.
Passons désormais aux avants où Karl Gabillet, Renaud Crignier, Baptiste Boitard et Jérémy Lapresa font figures d’indiscutables. Au vue du dernier Mondial, et ce malgré un début de saison un peu plus compliqué, la sélection de Yoann Jalinier semble évidente. L’ancien Grenoblois fait partie des rares bleus réellement satisfaisants en Italie et même si son adaptation angloye prend un peu plus de temps que prévu, il est logique de retrouver ce dernier à Mâcon. Si ces cinq là étaient cet été en Italie, les trois suivants sont des nouveaux venus. Kévin Béziau, benjamin de la promotion, réalise, au même titre que Bonnière, sa première saison de roller hockey. Une première qui se déroule pour le mieux pour un garçon au CV sur la glace impressionnant. Il a déjà connu dans cet autre sport les sélections nationales, et devrait s’adapter rapidement comme en témoigne ses sorties depuis le début de la saison avec les Spiders de Rouen. Tony Rivoire, troisième rouennais de la liste et William Ohlund, Conquérant de Caen, font quant à eux figures d’outsiders du groupe. Il est clair que ces deux garçons ont ici une occasion en or de montrer leurs talents tant la concurrence derrière est menaçante. En effet, Alexandre Naud et Gérôme Guérin, tous deux mondialistes, retenus pour des raisons professionnelles ou encore Théo Fontanille, en période d’examens, auraient très bien pu figurer sur cette liste.
Cette liste pourra être, et sera, sans doute discutée. Elle l’a déjà été. On donnera son avis, on dira que oui, ou que non… Mais en intégrant six joueurs « inattendus », Seguy prend le pari d’ouvrir son groupe. Selon nos informations, l’équipe nationale, pour des raisons budgétaires, partira en Colombie avec un effectif allégé de deux gardiens et douze joueurs. Dans ces conditions, une large majorité de la future équipe nationale coule de source, mais rien n’indique pour autant que cette équipe soit déjà figée, la liste du premier stage de la saison en est une preuve pour le moins irréfutable. On fera, défera et refera cette liste, tous autant que nous sommes, mais ça n’aura pas d’autre effet que de flatter nos égos de sélectionneurs du dimanche. La maison bleue a perdu un nombre important de pointures en deux ans, on a déjà parlé des arrières, on peut ajouter Terry Lefranc dans le filet, ainsi que son frère Jimi à l’avant et aussi Benoit Ladonne. On ne peut pas remplacer tous ces garçons avec des certitudes car aujourd’hui, sauf pour une partie du groupe, elles n’existent pas. Cela ne peut se faire que par des essais et c’est sans doute ce que le patron des Bleus avait en tête en couchant les noms des appelés sur le papier.
Dix huit joueurs vont donc se retrouver dans dix jours à Mâcon, où Olivier Dimet ne sera pas là. Si des raisons d’économies budgétaires ont eu raison de l’entraineur adjoint des Bleus, son absence ne passera pas inaperçue pour celui qui au-delà d’être un véritable confident des joueurs dans son rôle d’adjoint, était également responsable des entraînements courants.
Peu importe qui ira en Colombie, mais cet été, c’est une qualification pour les World Games 2013 qui est en perspective, alors trêve de bavardage et place au jeu !
Mathieu Laforgue, pour l’Equipe RHAF
(Crédits photos : Myriam Leprince pour RHAF et Roller Addict. Tous droits réservés)













Commentaires
Bien vu ;)