Le temps de la reprise est arrivé. Dans quelques heures, les équipes vont enfin avoir à en découdre, pour de vrai cette fois-ci. Il y a six mois, nous avions sans doute eu le nez creux lors d’un Edito qui mettait en lumière l’arrivée de joueurs étrangers dans nos championnats. A croire que des vocations soient nées depuis, car cette saison ils ne seront pas moins de dix joueurs étrangers à rouler en Elite. C’est une première, c’est une très bonne chose, mais attention, nous le redisons, ça ne doit pas être une porte ouverte.
On ne va cacher notre joie d’être à quelques heures du coup d’envoi de la saison. Et cette arrivée massive de passeports étrangers ne fait que renforcer ce doux sentiment d’excitation. Chaque année, comme une rengaine, on annonce un championnat dont le niveau a encore augmenté. C’est sans doute encore vrai cette saison. C’est vrai pour l’Elite et il semble que ça le soit encore plus pour la Nationale 1 qui devient de plus en plus un championnat de référence, une antichambre formelle et crédible. Bien malin celui ou celle qui parviendrait dès cette fin septembre à donner le duo de tête que l’on portera aux nues dans quelques mois. Nous ne nous y risquerions pas même s’il est raisonnable de penser que Tours, Rouen, Moreuil, La Rochelle ou encore Lyon ne seront pas loin d’y figurer.
Revenons à notre sujet. Sachez-le chers amis lectrices et lecteurs, il va vous falloir apprendre l’anglais cette année. Si Nice, Angers, Caen et Grenoble sont restés en dehors de cette manœuvre, tous les autres clubs de la grande Ligue accueillent désormais des joueurs venus d’ailleurs. Amiens, Rethel, Villeneuve, Anglet, Reims et Paris. Il se murmure même que Reims serait sur un dernier coup et qu’un nouveau joueur canadien pourrait prochainement poser ses valises en Champagne. Cette arrivée massive est une bonne chose. Déjà, elle est factuelle dès le mois de septembre, mettant ainsi au clair l’éthique et la morale de ceux qui s’étaient érigés en objecteurs de conscience au printemps dernier quand Rethel et Villeneuve sont allés chercher Osterkamp, Chavira, Doran et Sotlar. Ensuite, cette tendance confirme que notre championnat est attirant. Le prétendu meilleur championnat au monde est une vitrine de premier choix, même si on aurait aimé que cela profite mieux à nos Bleus il y a peu, à Roccaraso. Et cette valeur ajoutée ne rend cette compétition que plus attractive, voire même encore plus « bankable » pour de potentiels annonceurs ou partenaires privés.
Mais attention, cette pratique doit être un complément, un plus et ne doit surtout pas devenir un palliatif. Dans l’Edito d’avril, nous avions fait un parallèle historique avec le hockey sur glace, nous n’y reviendrons pas. Mais juste dire que le recours massif et systématique à la main d’œuvre étrangère est ce qui a tué, pour partie, le hockey sur glace français. L’autre cause de mortalité majeure d’un sport, quel qu’il soit, c’est le déficit de formation, et là aussi, attention. On ne compte plus le nombre de clubs qui ont contacté notre rédaction cet été pour passer une annonce de recrutement d’éducateurs sportifs diplômés. On n’en trouve plus ma bonne dame ! Guilhem Bruel, la star du marché, parti de Nice, a reçu plus d’une dizaine de propositions avant de filer à Tours. C’est un indicateur inquiétant. Jérémy Zinger, gardien des Spiders de Rouen, aime à poser cette question au fil des forums de discussions ou des commentaires d’article. « Combien de joueur strictement roller sont sortis des centres de formations de leur propre club et évoluent en Elite depuis ces dernières années ? » Assez peu, voire même presque aucun. On peut utiliser l’argument d’un sport jeune, peut-être, et dire que ça viendra sur les générations futures, sans doute. Mais ça doit passer aussi par un accroissement des moyens, financiers avant tout. Car un éducateur diplômé, ça se paie et bien souvent, les salaires ou indemnités proposés ne sont pas assez gratifiants. Sauf que vu l’état de santé des finances publiques, inutile de compter sur le denier des collectivités qui réduisent la voilure à vitesse grand V.
Le lien est là donc, entre ces deux états de fait. Voir arriver des joueurs étrangers est une excellente chose, mais uniquement quand cela vient en complément, en valeur ajoutée. Sinon c’est la route vers des lendemains qui déchanteront, une équipe nationale faiblarde et molle du genou ainsi qu’un championnat qui ne vivra que sous assistance respiratoire des nations formatrices de joueurs dignes du niveau demandé.
Nous n’en sommes pas là toutefois. Cette saison 2011-2012 sera passionnante et bien entendu, RHAF fera tout ce qu’il faut pour qu’elle et ses acteurs et actrices soient mis en lumière à leur juste mesure.
Bonne saison à toutes et à tous, vive le roller hockey !
Yann Maillet, pour l’équipe RHAF













Commentaires
(Par compétent, j'entends être en mesure de transmettre un réel bagage technique et sportif)
Combien y a-t-il de club faisant du rilh en France (300?)
Combien y a-t-il de BE (BPJEPS je crois que ca s'appelle aujourd'hui) qui sortent des formations fédérales? (Je parle ici des BE qui veulent entrainer, pas des mecs qui passent ca en sachant qu'ils n'entraineront jamais)
Pourquoi si peu?
Moi j'en connais au moins un à Amiens.
C'est un peu le sens de mon "message"... D'ou le ptit terme humoristique d'ont en trouve plus ma bonne dame
Et oui Tof, mais un ça fait léger, pis ça date pas d'hier :)
La rémunération suppose le respect de dispositions légales (article L212-1 du code du sport) en particulier une obligation de qualification.
Pour autant, un entraîneur qualifié (il respecte les dispositions légales), n'est pas forcément compétent (il transmet un réel bagage technique et sportif).
Alors quand on en a trouvé un qui répond aux deux aspects, il faut lui mettre des fers pour qu’il ne s'échappe pas.
Cette saison 8 joueurs sur les 13 ont été totalement formés au roller hockey, 1 seul en dehors de la région! Il n'y a pas que du négatif ;)
Est ce qu'un diplômé est forcément un bon entraineur ?
Est-ce qu'un homme politique élu au suffrage universel est forcément un bon homme politique ?
Est-ce qu'un médecin qui a fait 10 ans d'études est forcément un bon médecin ?
Citation en provenance du commentaire précédent de Hugues :
Hugues sans rentrer dans les détails juridiques précis, quelles sont ces dispositions et pour quelle qualification ?
Entraineur diplômé ou qualifié et incompétent ça existe ?
donne les noms et les clubs stp.
J.
Yann, le problème n'est pas le nombre absolu mais le nombre de BE qui ont envie d’entraîner! Et pas ceux qui l'ont passé juste pour faire bien. Il fut un temps ou certains internationaux notamment le passaient sans pour autant entraîner derrière (peut être plus tard?) Il n'empêche qu'ils "comptent" dans les stats mais ne sont pas disponibles pour les clubs pour entraîner!
Joe là j'suis sur le cul !!!
Justement soyons précis alors combien sont disponibles et compétents sur le marché ?
Créé par Arrêté du 28 février 2008 - art. (V)
Article A 212-1 du code du sport :
Les diplômes, titres à finalité professionnelle et certificats de qualification ouvrant droit à l'enseignement, à l'animation ou à l'encadrement d'une activité physique ou sportive considérée ou dans un ensemble d'activités de même nature relatives à un public spécifique, ou à l'entraînement de ses pratiquants contre rémunération, conformément à l'article L. 212-1, figurent au tableau présenté en annexe II-1.
Ci dessous le lien :
http://legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=E926001AA073FFF9C60E6D7D11443B47.tpdjo02v_1?cidTexte=LEGITEXT000006071318&idArticle=LEGIARTI000018752146&dateTexte=&categorieLien=cid
Damien Lafourcade-Anglet Cyril Basset-Reims
Théo fontanille- Grenoble Louis Tran-Reims
Lambert Hamon-Grenoble Arthur Bouret- Angers
Charlie Godano-Tours(ex Nice) Thomas Pouyssegur-Toulouse
Charles Mercier et Nicolas Gauthier il me semble qu'ils sont pur roller aussi mais je n'en suis pas sur à 100%. Donc voila ça en fait 10 ou 12 sur 14 cette année, c'est même bien plus que la moitié!