« Chacun de nous possède une partie de ce leadership essentiel à la victoire »
Membre du club très fermé des joueurs ayant plus de cent sélections en équipe de France (101), Vincent Charbonneau va disputer à Roccaraso son dixième championnat du monde. La préparation du groupe, l’intégration des nouveaux, l’après Geoffroy Tijou ou la poule de qualification… Tant de sujets abordés par l’arrière international. Tour d’horizon de la maison bleue à l’aube du mondial italien.
Vincent, avant de rentrer dans le vif du sujet pouvez vous nous raconter comment s’est passée la préparation du groupe France ?
« Cette année encore nous avons un très bon groupe. Les années passent et malgré les départs d’anciens ou l’arrivée de rookies, l’équipe de France arrive toujours au Mondial prête physiquement et mentalement. C’est de toute façon le but quand on est sportif de haut-niveau, mais je trouve cela plus parlant encore cette saison avec un calendrier Elite modifié et adapté à l’EdF et une multitude de matchs amicaux. Avec ces huit matchs, on a pu se mesurer à une autre grosse nation du roller hockey, la Suisse, élever notre niveau de jeu et évaluer ainsi ce dont nous sommes capables de faire. On verra quoi... tout dépend de nous et de notre capacité à reproduire les bonnes performances chaque jour à Roccaraso. »
Le groupe a en effet été modifié depuis les derniers mondiaux. Quatre arrivées, le départ du capitaine emblématique Geoffroy Tijou mais pourtant la mayonnaise entre anciens et nouveaux semble avoir prise et l’ambiance reste au beau fixe…
« De toute façon, dans un sport collectif, les succès sont rares lorsque l’ambiance est mauvaise. Si je crois en notre groupe, c’est bien parce qu’il y règne une excellente ambiance. Ça, c’est l’affaire de tous, balles neuves, vétérans, staff. Les balles neuves, justement, ont su montrer toute l’étendue de leur talent en Espagne et en Suisse, il n’y a pas meilleure intégration ! Quant à l’absence de Geoff, j’en ai déjà parlé longuement l’an dernier. Il faudrait revenir une page en arrière dans le Livre de l’Equipe de France pour savoir. Aujourd’hui, le groupe est tourné vers l’Italie. Geoff fait partie de l’Histoire du foller hockey français mais ce n’est pas lui qui va mettre les buts la semaine prochaine. »
Italie, Mexique et Etats-Unis au menu. Une idée de ce qui vous attend au premier tour ?
« C’est toujours très difficile d’évaluer la qualité de nos adversaires car on ne sait jamais trop à l’avance les effectifs. Le match le plus important est sans aucun doute celui face à l’Italie. D’une part, c’est le premier de notre compétition, celui qui lancera les bases de notre performance. Ensuite, c’est face à un adversaire fort mais à notre portée. France – Italie ce sont sept matchs, sept victoires pour les Bleus aux championnats du monde. Il est indispensable de vaincre pour éviter de nous embourber ensuite en quarts. Ce match est une étape importante pour espérer faire quelque chose ! Vient le Mexique et là pas grand-chose à dire. Match à gagner évidemment. Puis les USA. Là j’ai vu l’effectif des Américains. J’en connais la moitié. Le reste ? Ils ont sûrement un très bon niveau. Quoi qu’il en soit ça va skater, ça va jouer homme à homme, ça va monopoliser le palet. Un match où nous devrons être, encore plus que les autres parties, attentifs, concentrés, respectés le plan de match et être joueur ! Vont-ils vouloir se venger de l’an dernier ? »
Il faudra donc réaliser trois gros matchs pour éviter une grosse pointure dès les quarts de finale.
« L’intérêt de finir premier est de rencontrer en quart une nation plus abordable pardi ! Même s’il faut être prudent et attendre de voir dans quelle condition ils vont venir. J’apprécie l’arrivée de la Lettonie pour le Mondial FIRS. C’est bien qu’ils se lancent et cela permettra à d’autres comme la Russie et des pays scandinaves de suivre leurs pas. J’espère en tout cas. Sur le papier, j’ai toujours dit que l’an dernier nous avions la meilleure équipe de France que nous ayons jamais eue. Ce qui ne nous a pas permis de repartir champions, tout le monde le sait. Cette année, nous avons un effectif peut être un poil moins fort, mais tout aussi homogène. J’ai entièrement confiance en nous, nous pouvons embêter tout le monde encore faudra-t-il livrer la marchandise chaque soir ! »
Pour finir un dernier petit mot sur Hugo Notturno, votre nouveau capitaine ?
« Je suis très heureux pour Hugo qu’il succède à Geoffroy Tijou en tant que capitaine. J’en avais fait mon favori. Je suis fier d’être un de ses lieutenants en compagnie de Renaud. Il a les épaules et la carrure faites pour ça. Dans sa dernière interview, Bernard regrette de ne pas voir de leader. Cette année, chacun de nous possède une partie de ce leadership essentiel à la victoire. Maintenant, fini de parler, les réponses sont sur le terrain ! »
Entretien réalisé par Mathieu Laforgue (Crédit photo : Roller Addict)














