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Entretien avec Jolan Mognat-Duclos

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«Etre un bon joueur ne suffit pas»

 

JMognat4Il s’agit d’un garçon sur lequel de grands espoirs sont fondés. Formé chez les Brûleurs de Loups dès l’âge de 5 ans, Jolan Mognat-Duclos a rejoint la famille des Yéti’s de Grenoble, sur la pointe des pieds, il y a six ans désormais. Elu meilleur Espoir de la Ligue Elite la saison dernière, l’attaquant grenoblois de 20 ans reconnaît ce qu’il a déjà réalisé mais comprend aussi ce qu’il lui reste à accomplir, et à prouver, voire à changer.
Pour lui c’est à la patinoire Clemenceau que tout a commencé… C’est là que nous l’avons rencontré à l’occasion des demi-finales de la Coupe des Confédérations européennes.

 

Jolan, ce tournoi européen à la Halle Clemenceau, c’est un retour aux sources pour beaucoup de joueurs des Yéti’s, pour vous notamment…

« C’est effectivement ici que tout a commencé pour moi lorsque j’avais cinq ans. Quand le hockey de Grenoble est parti à Pôle Sud (la patinoire des Brûleurs de Loups depuis 2001, ndlr), nous avions tous ressenti quelque chose de bizarre… Voir revenir du hockey ici, c’est une chose que les Grenoblois vivent vraiment comme un symbole. Le CSU est une salle magnifique, c’est certain, la plus belle de France sans doute, mais ça n’aurait pas été pareil qu’ici. »

 

Et puis il y a ce vestiaire numéro un, là où nombre de grands joueurs de hockey sont passés. Cette fois, ce sont les Yéti’s qui y ont pris place…

« En fait je ne sais pas quel est le symbole le plus fort en venant ici. Jouer dans Clemenceau ou bien se changer dans l’ancien vestiaire des Brûleurs de Loups. J’ai plein de souvenir dans le couloir qui y mène, cette porte du vestiaire numéro un c’était quelque chose quand j’étais petit… Je ne sais pas à la place de qui j’étais assis mais Hugo Rebuffet m’a expliqué que la place à côté de la mienne était celle de Cristobal Huet. »

 

Cette Coupe d’Europe ne vous a pas permis de vous qualifier pour la grande finale même si vous jouerez la finale de la ConfCup. Est-ce une déception ?

« On joue toujours pour être premier, pas pour être deuxième. Nous avons eu du mal durant ce week-end, je pense que nous n’étions pas totalement libérés. Mais l’objectif n’était pas tant dans la performance que dans le plaisir que nous devions prendre et l’expérience que nous devions acquérir. »

 

Vous n’avez jamais semblé en mesure de réellement imposer votre jeu lors de ces quatre matchs…

« C’est vrai. Les deux premières victoires contre Arezzo et Zoug ont été acquises dans la douleur et contre Tres Cantos, nous n’avons pas été bons. Rome, c’est un peu différent, leur première ligne a tout fait toute seule. Ça veut peut être dire qu’on n’est pas encore prêt pour affronter une finale des clubs champions. On passe sûrement à côté de quelque chose, mais nous aurons aussi la possibilité d’une performance dans l’autre finale. »

 

"La ConfCup est à notre portée"

 

JMognat3Une finale de la ConfCup (Trieste du 26 au 28 novembre), dans laquelle votre équipe peut en effet nourrir de justes ambitions.

« Nous n’avons rien à y perdre de toute façon et on peut même raisonnablement penser qu’on a un joli coup à jouer. Jouer la grande finale en terme d’opposition aurait été plus intéressant évidemment, mais je le répète, je pense que nous ne sommes pas prêts. La ConfCup est à notre portée, et puis Grenoble l’a déjà gagnée. »

 

En effet, en 2008 à Anglet contre Villeneuve. C’est là que tout a réellement commencé pour vous en quelque sorte…

« C’est pour ça que c’est une compétition un peu spéciale pour moi. C’est lors de cette saison là que j’ai réellement intégré l’équipe Senior des Yéti’s, après des débuts que l’on peut qualifier de compliqués. »

 

Pourquoi l’ont-ils été ?

« J’ai quitté le hockey sur glace car je sentais que la concurrence était vraiment trop rude. J’ai grandi en taille assez tard et mon déficit en terme de gabarit était vraiment un problème. Quand je suis arrivé au roller, j’étais complètement largué avec le patinage. C’est Sylvain Trouillet qui m’a alors formé. Pendant des mois je participais aux entraînements au travers de séances spécifiques. Dans les trois ou quatre premiers mois, je ne faisais que des moitiés de match. Ça a pris du temps et Sylvain a été très patient, mais il a crû en moi. »

 

Il faut croire qu’il a eu raison. Votre deuxième partie de saison l’an dernier a été celle qui vous a fait connaître…

« Oui c’est vrai, mais avant ça, il a fallu du temps. J’ai commencé à avoir du temps de jeu en 2008. La saison précédente j’avais participé à un stage avec l’équipe de France Espoir. Je me pose toujours des objectifs et ensuite je fais tout mon possible pour les concrétiser. Faire ce stage en était un, mais je n’ai pas rejoint l’équipe de France. Intégrer le groupe Senior des Yéti’s faisait partie de ces objectifs. C’est une fierté, mais je n’ai encore rien prouvé. »

 

Le trophée honorifique de meilleur Espoir de la saison dernière en Elite est tout de même une forme de reconnaissance de la part des entraîneurs et des capitaines de cette Ligue.

« Ce trophée a été un déclic qui justement m’a fait comprendre ce que j’avais encore à faire. J’en suis fier évidemment, mais je pense que des joueurs comme Charly Hallard ou Kévin Chazalon le méritaient tout autant que moi. Et puis même si ma propre saison a été correcte, je ne peux pas être satisfait dans la mesure où celle de mon équipe a été décevante. »

 

"L'équipe de France, c'est l'objectif ultime"

 

JMognat2Que voulez-vous dire ?

« J’ai gagné un trophée individuel, mais c’est un trophée collectif qui est essentiel. Nous terminons sixième et nous avons laissé des points en route comme contre Rouen (5-5 lors de la 3e journée, ndlr) ou contre Angers (1-1 lors de la 14e journée, ndlr). Et ces points là auraient dû bonifier des performances comme notre victoire contre Rethel. Au final c’est une saison frustrante. »

 

Celle qui est en cours en revanche est pour le moment réjouissante…

« Elle ne fait que commencer mais effectivement, nous sommes pour le moment en bonne place. Nous avons un coup à jouer. Mais tout le monde le dit, l’arrivée des play-offs change tout. Tous ceux qui parviendront à s’y qualifier pourront prétendre à être champion. C’est pour ça que faire une bonne saison régulière est important, mais ce ne sera qu’une étape. »

 

Sentez-vous votre équipe capable de durer jusqu’au phases finales ?

« Rien ne peut dire le contraire pour le moment. Bien sûr qu’on pourrait s’essouffler, mais l’état d’esprit qui règne est vraiment bon et ça peut nous permettre de tenir la distance. Après, les play-offs, c’est tellement différent que tout devient possible à partir du moment où l’on joue à 100%. »

 

Vous parliez d’objectif mais il y en a un qui court toujours… L’équipe de France.

« C’est l’objectif le plus important à mes yeux. C’est la plus belle chose qu’un sportif puisse accomplir. »

 

Avez-vous été déçu de ne pas avoir été appelé lors du dernier stage alors que de nombreux joueurs étaient blessés ou non disponibles ?

« Oui évidemment. Mais ça m’a également permis de comprendre ce que je dois encore accomplir pour être convoqué. Je parle beaucoup avec Yoann Jalinier et Jérémy Lapresa. Je sais que je dois travailler plus défensivement, aller à la musculation. Je ferai tout pour y arriver. »

 

On sait aussi qu’il reste un point essentiel sur lequel vous devez encore travailler, votre tempérament…

« (il coupe) …et c’est sûrement le plus important. Je suis trop nerveux, trop impulsif, mes parents me le disent souvent. Ce n’est pas cette image que je veux donner de moi. »

 

"Je dois apprendre à me calmer"

 

JMognatL’incident qui vous a opposé à Jérôme Salley lors de votre match à Caen cette saison et les insultes que vous lui avez tenus sont regrettables pour un jeune joueur à l’encontre d’un joueur bien plus expérimenté…

« (il marque une longue pause) J’en ai bien conscience. Encore une fois, ce n’est pas l’image que je souhaite montrer, ça ne me ressemble pas. J’ai eu l’occasion de m’excuser auprès de Jérôme et je lui renouvelle encore mes excuses pour ces propos très déplacés. Je travaille beaucoup sur moi pour évoluer sur cet aspect de ma personne. Je dois apprendre à me calmer, à me servir de tout ça pour en faire quelque chose de positif. Avant un match, je m’équipe très vite, je m’isole et je pense au match. A ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire. Je sais que lorsque j’aurais passé ce cap, je serai meilleur. Etre un bon joueur, ça ne suffit pas. Il faut aussi être un joueur exemplaire, l’attitude que l’on montre, c’est important. »

 

Justement, avez-vous des modèles ?

« Pour le hockey en général, c’est Patrick Kane, l’attaquant des Blackhawks de Chicago. Il a quasiment mon âge, il a un talent fou, c’est un joueur incroyable. Dans le roller hockey, poste pour poste, je pourrais parler de Benoît Ladonne. Malheureusement, il est retourné sur la glace, mais c’est un attaquant génial, j’espère qu’il reviendra au roller. Mais sinon, le modèle absolu, c’est Geoffroy Tijou. Je n’ai pas la chance de vraiment le connaître, mais c’est quelqu’un d’exemplaire, un meneur d’hommes. Que ce soit par son talent et la belle carrière qu’il a, il est indiscutable. »

 

Vous savez que vous avez dans votre propre vestiaire un joueur qui lui ressemble en bien des aspects…

« Hugo Notturno, je sais, pas mal de gens me le disent. Je ne le connais pas personnellement mais je pense qu’il est comme j’imagine qu’est Geoffroy Tijou. Hugo, c’est un joueur de très haut niveau et aussi un sacré capitaine. »

 

Vous nous avez parlé de Sylvain Trouillet, y’a-t-il d’autres personnes qui ont compté dans votre carrière ?

« Mes parents, ça va de soi. Ma copine, Manon, également. Je dois énormément à Sylvain, il a crû en moi et a été patient. Mais je dois aussi beaucoup à Frédéric Bourillon, notre entraîneur, c’est lui qui m’a fait confiance. Et puis au quotidien, je suis proche d’Alexandre Goncalves. Il ne me lâche pas, il est tout le temps derrière moi. C’est un grand joueur et quelqu’un que j’apprécie vraiment. »

 

Qu’aimeriez-vous que l’on dise de vous dans vingt ans ?

« Je vais me faire chambrer avec ça… (il rigole, puis hésite) J’aimerais avoir été un bon joueur, mais surtout un joueur exemplaire. »

 

Entretien réalisé par YM (Crédit photos : Black Ghost, Isabelle Bruyère & DR)

 

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