«La France sera championne du Monde dans les prochaines années !»
« Je suis le directeur sportif du club de roller hockey de Huntington Beach, au sud de la Californie. Notre complexe fait partie du programme « The Rinks » de la franchise NHL des Ducks d’Anaheim, au même titre que trois autres ailleurs en Californie. Je vis dans la rue de ce complexe, là même où j’ai débuté le roller hockey il y a seize ans. Mis à part le fait que je passe mes journées auprès des jeunes du club et à travers les différentes ligues alentours, que dire ? Je suis un passionné de musique, j’écoute à peu près tout ce que je peux stocker dans ma librairie musicale et je suis assez friand de comédies… Bien que mon film préféré soit « Les Anges de Boston » (Boondocks Saints) avec Willem Dafoe et Sean Patrick Flanery. »
« Dans la cour, avec mon père et un équipement de baseball… »
Présentez-nous votre parcours de joueur de roller hockey. Avez-vous toujours été un gardien de but ?« Non, j’ai débuté le roller hockey * à l’âge de six ans comme attaquant. Un jour, j’avais neuf ans, notre gardien n’a pas pu jouer une rencontre. J’ai proposé de le remplacer… Dès lors, je me suis entraîné chez moi, dans ma cour, avec mon père qui m’envoyait des lancers que j’arrêtais avec un gant et un plastron de baseball. Plus tard, j’ai eu mon premier équipement. Depuis, je joue dans les buts, il m’arrive encore de jouer en attaque, mais pour rigoler avec quelques amis. »
Quelque part, c’est finalement un hasard de vous voir aujourd’hui dans les buts…
« Oui, en quelque sorte, mais les choses se sont déroulées tel qu’elles le devaient. A la base, c’est vrai, c’est un hasard. Mais j’ai vite pris goût à ce poste et j’ai développé un certain talent on va dire. »
« Le roller hockey est plus amusant
Comment êtes-vous devenu le gardien de l’équipe des Etats-Unis ?
« Il y a un peu plus de trois ans, j’ai été intégré pour des essais. Ce fut une expérience assez spéciale dans le sens où jusqu’à ce moment là, le poste de titulaire était indéniablement attribué au gardien en place, Rob Laurie. Puis, l’année qui a suivi mon intégration, Rob n’était plus là et on m’a alors donné ma chance. Je suis donc depuis deux ans le gardien titulaire de mon pays, avec à la clé, trois titres mondiaux et une médaille d’or au World Games. »
Quelle vision avez-vous du roller hockey au niveau mondial, de son organisation, de son développement ?
« C'est clairement un sport à part entière, avec ses enjeux, ses spécificités. Ça se ressent vraiment aux Etats-Unis mais ça commence également à être le cas dans le monde entier où ce sport se développe très bien dans de nombreux pays. C’est un sport qui s’implante très bien notamment dans certaines nations où il n’y a pas trop de hockey. Ce sport est promis un jour aux Jeux olympiques, ça ne fait aucun doute… Du moins, je l’espère car c’est une discipline bien plus amusante à voir que certaines qui sont actuellement au programme des JO. »
Dans quel état d’esprit les Etats-Unis sont-ils arrivés cette saison aux Mondiaux de Beroun ? Pour gagner, cela va sans le dire…« Oui, naturellement et au même titre que toutes les autres nations phares des championnats du Monde. Ce qui est à prendre en compte et qui peut avoir tendance à être sous estimé, c’est la pression qui pèse sur notre nation chaque année. Tous les ans, les Etats-Unis sont attendus comme le favori. Tout le monde veut nous battre et répéter les performances d’une année à l’autre n’est pas évident. L’équipe américaine de cette saison était un peu différente avec de nouveaux joueurs intégrés comme Junior Cadiz. Il a fallu un temps d’adaptation et nous avons commencé à nous trouver et à jouer en équipe réellement qu’à partir de la demi-finale contre la République tchèque (victoire 8-3). »
« Les Français sont sûrement les plus rapides au monde »
Que vous inspire votre défaite contre l’équipe de France dès le deuxième match de phase préliminaire ?
« Je pense qu’on peut dire merci aux Français (rires). Cette défaite nous a donné le coup de pied aux fesses dont nous avions je pense besoin. Nous n’étions plus la même équipe après avoir été battu par la France. Votre équipe nationale ce jour-là a complètement mérité de l’emporter, elle était plus forte, plus concernée et concentrée, mais c’est bien, ça nous a finalement rendu service. »
L’équipe de France, c’est quoi pour vous en terme de niveau et de style de jeu ?« Je ne suis pas le seul à le dire, mais il est presque certain que la France soit l’équipe la plus rapide du monde. Lorsque leur jeu part lancé des lignes arrières, il sont très durs à prendre car leurs transitions se font très rapidement et avec beaucoup de justesse. Ce système est d’autant plus intéressant qu’il permet aux joueurs de rester vigilants et de n’être presque jamais hors de position. La qualité de ses gardiens de buts est un atout évident, ils sont réellement très forts. La France est une nation vraiment difficile à jouer et je suis certain que vous serez champions du monde dans les toutes prochaines années. Ça ne fait absolument aucun doute pour moi. »
La Ligue Elite française a la réputation d’être l’un des meilleurs championnats qui existe. Jouer en France, au même titre que Chavira par le passé ou que Bradette et Corbeil actuellement ou même Woods la saison prochaine est-il une possibilité envisageable pour vous ?
« Oui, car ça aurait valeur de défi à mes yeux. Si la possibilité se présentait, je n’hésiterais pas longtemps à venir y tenter ma chance. »














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